Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 08:51

Dimanche 16 août 2009

Nous voilà à l'aéroport avec Eliane, la maman de Vahiné, qui nous loue une jolie maison à Paea !

 

 

1ère baignade ! Eau chaude (froide pour les locaux), un peu trop de monde, musique, peu de poissons (on sent que les poissons perroquets ont l’habitude d’être pêchés). Hâte de récupérer mon matériel dans les cantines, en espérant qu’elles soient bien arrivées et qu’on retrouve tout. On doit chercher une dénommée « Claudia » après le « Philippe » du Havre !

 

 

 

L’image d’Epinal des Tahitiennes avec une fleur de tiaré dans les cheveux n’est pas mythique, c’est vrai, elles portent aussi des fleurs d’hibiscus. L’une de mes élèves avait posé la sienne sur la table l’autre jour, et puis finalement elle l’a remise au-dessus de son oreille. Je n’ai pas encore osé essayer j’ai trop peur de mal m’y prendre et qu’elle ne tienne pas.Choubi, lui, a essayé, et ça lui va très bien !

 

 

 

 

On a adopté une petite chatte rousse qui est venue nous amadouer deux soirs de suite. Nous voilà donc avec les Friskies (puisqu’elle est en photo sur la boîte), la double gamelle, et le Tikanis. Elle nous rend visite tous les jours, nous parle, nous fait des câlins, s’allonge sur une chaise, et parfois s’enhardit à visiter la maison. On a découvert hier soir qu’elle était enceinte, pas de chance, notre maison risque donc de se transformer en nursery dans un mois et demi. On se disait aussi qu’elle mangeait beaucoup et qu’elle avait un peu de ventre...

Jamais une minute de silence, le jour et la nuit avec La Bouillante. Quand ce n’est pas les coqs, les poules, les poussins, les chiens, ce sont les grillons ou les lézards. Incroyable ce que ces derniers sont capables de produire comme décibels ! Ils ne sont pourtant pas grands, presque transparents, mais pourvus d’un appareil qui émet des claquements très sonores.

J’ai fait deux salades de fruits, avec notamment de la papaye et des bananes. Celles-ci sont délicieuses (cf. photo). Pour ce qui est des papayes, je ne suis pas convaincue pour le moment. Idem pour les pamplemousses, qui sont pourtant énormes.

Je peux enfin écrire car notre bureau est installé. J’ai le bureau dont j’ai toujours rêvé, un immense bureau d’angle, du style « principale » ou même « proviseur » ! Choubi a opté pour un bureau beaucoup plus modeste, pour ordinateur. On s’est acheté deux sièges de bureau hyper confortables, ça donnerait presque envie de travailler.

Impossible de trouver un radio-réveil ici. Apparemment, les Tahitiens se réveillent soit avec leur Vini, leur téléphone portable (un membre à part entière du corps humain), soit en se connectant au chant du coq qui correspond à l’horaire voulu. Moi ça marche pas. Au début je me réveillais tous les jours à quatre heures, maintenant c’est pareil sauf que je me rendors malgré les fiestas répétées des coqs qui réveillent à leur tour les chiens. Je dors donc en pointillés et mon Vini m’éjecte finalement du lit.

Il faut oublier les horaires français ici. La journée commence à sept heures et finit à sept heures. Il est 19h15, dans un quart d’heure je serai au lit. Demain, je serai debout à cinq ou six heures. De toute façon, après 9h du matin, les neurones chauffent trop, entre midi et quatre heures c’est même pas la peine. Et pourtant, c’est l’hiver austral. Cela dit, on commence à s’habituer, on dort avec une couette, et quand il fait 24° le soir dans la maison, on a froid. Hier après-midi il faisait 31° , on s’est posés dans le canapé pour un sommeil flash qui a duré une heure et demie, on était comateux.

La semaine dernière, il a plu, beaucoup de vent, tandis que je faisais cours je regardais par la fenêtre les cocotiers secoués et j’avais l’impression de voir une image du journal de 20h sur un cyclone aux Antilles. Cela pourrait nous arriver, le toit est maintenu au cas où par de gros câbles (très rassurant !). Il paraît que c’est une année El Nino et que cet hiver il risque de pleuvoir beaucoup. C’est ballot pour Choubi qui va bosser en moto. Déjà qu’il a crevé le 1er jour ! Heureusement c’était devant le garage. Il a bouché le trou à l’arrache et apparemment le pneu ne s’est pas redégonflé. Impossible de trouver une chambre à air de rechange. C’est le problème ici, il faut commander, stocker, anticiper, attendre le colis ou le cargo...

 

 

J’espère que ma Hyundai ne va pas me faire de sale coup. Elle est un peu pourrie : le tableau de bord est complètement fendu en deux endroits, et entre la clim et rouler, il faut choisir ! Quant aux vitres, je me muscle le biceps gauche, c’est la guerre ! Finie la Clio Privilège... L’autre jour j’ai calé en allant bosser, au milieu de la route. C’est très difficile de s’insérer quand on sort de la servitude (nom donné aux chemins), surtout pour moi qui tourne à gauche et dois couper la route. Heureusement, ici les gens sont plutôt cools, et on finit toujours par tomber sur quelqu’un de sympa qui laisse passer. Mais ça arrive quand même qu’on reste planté au bout pendant un moment. Et là, on rêve d’une boîte automatique. Mais je n’ai pas à me plaindre, en un quart d’heure à peine je suis au boulot. Je peux même rentrer manger à la maison le midi. Choubi met trois quarts d’heure pour aller à Mahina. En fait il s’éclate sur son Transalp, et met le même temps que quand on était à La Bouillante.

Ce week-end j’ai tapé toutes les listes de mes classes, lu les fiches de renseignements, étudié les photos, essayé de mémoriser les noms. J’ai énormément de mal à les prononcer, encore plus à les retenir. Je demande aux élèves de mettre des petits panneaux avec leurs prénoms, mais ils s’envolent à cause du vent car on fait cours fenêtres et portes ouvertes. Ils rigolent quand je galère pour les interpeller. L’autre jour, dans la cours, un élève m’a demandé « T’es madame qui ? » Le tutoiement modifie complètement le rapport profs-élèves. C’est beaucoup plus sympa, mais j’ai encore un peu de mal à prendre mes marques, peur d’être trop cool ou trop sévère. Il ne faut pas les brusquer, mais ne pas se laisser déborder non plus. Choubi a mangé avec ses élèves vendredi midi. Il est ravi de son nouveau bahut. Ses élèves sont meilleurs que ceux de Cherbourg, et beaucoup plus motivés. Vahiné nous a dit que certains profs invitaient leurs élèves au ciné ou au Mac Do pour les récompenser. De la même manière, jeudi dernier c’était l’anniversaire d’une surveillante, son bureau était jonché de gigantesques bouquets de fleurs (ci-dessous : un bouquet que j'ai fait avec les fleurs de notre jardin).

En tous cas, je comprends qu’ils soient nonchalants, quand il fait si chaud, le cerveau se ramollit, on n’arrive plus à réfléchir, on fait le minimum vital. Vais-je supporter l’hiver prochain ? Il paraît que c’est terrible, rien à voir avec maintenant.

 

Dimanche 23 août 2009

Jeudi, Choubi a récupéré les cantines. Tout s’est parfaitement bien déroulé, on a juste galéré pour trouver le bureau de la LTM car il n’y avait qu’un minuscule panneau sur une porte (pas de nom de rue, pas de nom d’immeuble). On s’habitue à demander aux uns et aux autres, même moi je le fais, il faut dire que je suis beaucoup moins stressée, il fait trop chaud pour stresser, et l’ambiance est tellement cool que je m’en imprègne. Je suis convaincue que ce climat va me faire beaucoup de bien moralement.

Par contre, même si nos corps commencent à s’habituer à la chaleur, on a encore du mal, surtout moi. Entre 11h et 16h, je suis bonne à rien : j’existe, c’est tout, c’est déjà beaucoup. Mon cerveau marche au ralenti, j’ai les fils qui se touchent. Je dis n’importe quoi aux élèves (par ex : « Pensez à mettre les tables sur les chaises avant de sortir »), je perds mes clefs, je jure mes grands dieux à la banque qu’ils ne m’ont pas donné le code de ma carte et je le retrouve le soir-même sur mon bureau... En voiture, je suis molle comme un chamallow, je suis dans le brouillard, un vrai danger, surtout que cette p... de Hyundai pourrie calle régulièrement, plus spécialement au milieu de la route quand je la coupe le matin !

Hier, Eliane nous a préparé un maha tahitien (repas). Ils mettent tout au milieu de la table et chacun se sert en mélangeant sucré et salé. On peut même manger avec les doigts. On a goûté le poisson cru à la tahitienne, et malgré mon appréhension, j’ai trouvé ça délicieux (on m’a expliqué aussi qu’il n’était pas cru mais cuit au jus de citron, je me suis sentie mieux). Il y avait aussi des plats un peu chinois, comme des épinards au poulet (autant d’os que de viande, mais les épinards sont très bons malgré une sauce un peu écoeurante), des légumes d’ici dont je serais incapable de dire le nom, très bourratifs, et peu goûtus. Quant au dessert, plusieurs plats à base de manioc aromatisé à la papaye ou nature, des bananes cuites (le meilleur), du pain à la noix de coco (j’en ai pris au petit déj ce matin dans mon café, c’est très agréable d’autant plus que ça cale). Bref, on a trouvé la cuisine tahitienne plutôt « étouffe-chrétien », et on s’est dit que les Anglais devaient l’apprécier car on a testé un dessert à la texture franchement vomitive, une espèce de gelée parfumée à la vanille, gluante, toute droit sortie des intestins d’un monstre de science-fiction. En tous cas on a passé un très bon moment, Eliane est décidément adorable. Elle est catholique très pratiquante, elle a commencé le repas par une prière et nous a raconté qu’elle était allée pour la 1ère fois aux Tuamotu pour l’ordination d’un diacre (elle raconte ça hilare) ! On lui a offert une orchidée (plus de 50 euros, moi je m’attendais à ce que ça pousse à la sauvage, et ben pas du tout !) et elle nous a dit qu’elle la mettrait dans sa grotte où elle a sa vierge Marie. Seb et Vahiné n’étaient pas en forme, ils ont la grippe A. On devait manger avec eux hier soir mais Seb est venu avec son masque et des provisions nous dire qu’on ferait dîner à part (ci-dessous : nos voisins Seb, Vahiné et leur fils Noah).

Elèves et collègues tombent comme des mouches. Apparemment, sur le modèle de la Nouvelle Calédonie, ils vont cesser d’appliquer la règle de la fermeture des classes. Il y en avait 9 de fermées au lycée de Choubi. Pour moi ça ne changera pas grand chose, j’avais environ 5 absents par classe mais comme ils n’ont pas de certificat médical, les classes restaient ouvertes. Pour le moment, on touche du bois, nos organismes semblent immunisés. Serait-ce grâce au Ricard ? En effet, Nadine nous a envoyé un article scientifique qui explique que le Tamiflu est fait au moyen d’une plante dont j’ai oublié le nom, qui sert à fabriquer le Pastis ! Du coup, on prend des apéros midi et soir pour lutter contre une éventuelle grippe A. Et comme ça fait presque 3 mois qu’on prend ce médicament en suivant cette posologie, j’ai bon espoir.

Les élèves sont décidément attachants, très spontanés, très expressifs. Vendredi, mes latinistes de 3ème m’ont demandé où j’étais avant. Je leur réponds « en métropole, en Normandie ». Ils ouvrent de grands yeux et me demandent « Pourquoi t’es venue ici ? » « Parce que j’avais envie ! » et ils s’exclament : « Alors c’est comme nous madame, tu avais envie de découvrir Tahiti comme nous on avait envie de découvrir le latin ! ». Pendant cette même heure de cours, la dernière de la semaine donc très houleuse, un petit oiseau gris est entré dans la classe ! Va ensuite exposer les palpitants secrets de la 3ème déclinaison latine ! Quelques jours plus tôt, une élève que je n’ai pas en cours me dit en me croisant : « Toujours aussi jolie madame ! » C’est vraiment bon pour le moral quand il est dix heures, qu’il fait déjà 30 degrés et que tu marches à côté de tes sandales. Apparemment, les adultes aussi sont enclins à complimenter : la semaine dernière, pour la énième fois, je vais à l’OPT réclamer le téléphone et jeter un coup d’œil à ma boîte postale au cas où. Un monsieur d’une cinquantaine d’années me dit quelque chose que je ne comprends pas, comme d’habitude ( je fais répéter les élèves en moyenne trois fois, ce qui veut dire que ça peut aller jusqu’à cinq ou six, et parfois j’ai toujours rien compris au bout de la 6ème fois alors j’abandonne), je dis « pardon ? » et il répète « Vous êtes le miroir de ma vie ! ». J’ai senti que mes joues prenaient une couleur de coup de soleil et j’ai murmuré « merci » en regardant mes orteils (sales ! impossible de les conserver propres ici).

Vendredi matin, je suis partie faire des courses. J’avais encore une liste à rallonge entre les trucs administratifs, les quêtes de matériel, l’approvisionnement du ménage... J’ai enfin trouvé un radio-réveil (le dernier, le seul) chez Master Price ! Mais pour le moment il nous sert de radio et de pendule dans la salle parce que 1) on est réveillés par les coqs 2) On s’est habitués à la sonnerie du Vini 3) Choubi dit qu’il est galère à régler... Mais bon, sur le coup, j’étais fière de moi, surtout qu’il est plutôt joli, en bois, avec un cadran rétro-éclairé en bleu. On devine à peine le dessin des aiguilles, mais il est vraiment classe. Et surtout, j’ai réussi à trouver un radio-réveil, or ça, c’est vraiment héroïque, même Seb nous avait dit qu’on trouverait jamais. Après je suis allée à l’EDT pour l’électricité et cette fois j’ai trouvé (la 1ère fois qu’on y est allés c’était fermé, la 2ème fois Choubi y est allé mais il avait pas le contrat de location, la 3ème fois j’y suis allée mais j’ai pas trouvé le bâtiment, vendredi les astres étaient alignés puisque tout était là : le bâtiment, le contrat de location, la porte ouverte !!!). En partant, j’ai demandé à un couple de m’indiquer Monsieur Bricolage. Le mec m’a parlé d’un rond point qui s’est avéré ne pas exister mais j’ai trouvé malgré tout, puis il me rappelle et me dit « ça t’intéresse des pareu pour rapporter en France ? » alors je lui dis « mais je rentre pas en France ! » en me disant « merde alors, j’ai vraiment une tête de touriste, alors que je sors de l’EDT ! » Ensuite je suis donc allée chez Monsieur Bricolage. Alleluia, un magasin qui ressemble à la métropole, grand, lumineux, propre, avec plein de produits ! Il fallait que j’échange un fauteuil de camping inconfortable et que je prenne des lampes de bureaux. Au passage je prends des coussins. Ensuite je vais jeter un coup d’œil au magasin en face, un espèce d’entrepôt ténébreux qui vend des produits en gros conditionnement, et là, je trouve un super fauteuil de camping hyper confortable (très cher mais tant pis) et je retourne sur la pointe des pieds le déposer dans le coffre de ma voiture toujours garée chez Monsieur Brico (je dis pointe des pieds, mais le fauteuil, c’est un truc pour Américain obèse, il est énorme, on ne voyait que lui). Puis direction Carrefour, l’autre Mecque des Popa’a, si tu as la nostalgie de la métropole tu vas te baigner là. Il était 10h30, je m’étais levée à 6h, j’avais bossé à la maison avant de sortir, j’étais affamée. Alors j’achète un sandwich et je le mange sur un banc dans la galerie, à côté d’une femme enceinte (il y en a bcp) qui se reposait avant d’attaquer les courses. Le sandwich était franchement pas appétissant : du gruyère râpé et du jambon rose barbapapa ! Je me concentrais sur la bijouterie en face pour pas voir la couleur du jambon, je tourne la tête à droite et là je me retrouve face à deux moignons : mon voisin se reposait aussi, mais dans son caddie il avait une carcasse de veau enveloppée dans une toile de jute d’où dépassaient les moignons. C’est la poubelle qui a fini mon sandwich... Ensuite j’ai acheté des cintres à des rae rae (c’est des travestis/transsexuels, ils sont nombreux et très bien intégrés à Tahiti, parfois c’est difficile de savoir si ce sont des hommes ou des femmes). Je les laisse à la consigne du Carrefour. Je nous ravitaille au radar car j’étais vraiment low bat, et je rentre à la maison. Le soir, je me suis rendu compte que j’avais oublié de récupérer les cintres. Obligée d’y retourner le lendemain.

1ère prise de tête avec Choubi qui ne voulait pas m’accompagner pour choisir des bibliothèques. Il me dit qu’on a acheté assez de trucs comme ça, qu’il veut nettoyer sa moto... Je grogne et on y va. Sauf que les deux magasins où on voulait aller sont tenus par des Juifs et qu’ils sont donc fermés (on est samedi)... Au moins, on va chez Monsieur Brico pour échanger les coussins qui plaisaient pas à Choubi contre un verrou.

Il y avait un verrou sur la porte, mais pas de clefs. Il y avait une clenche avec serrure mais une seule clef. On avait mis un cadenas sur le portail qui sera électrique à partir de lundi, et on s’était mis d’accord pour cacher les clefs de la porte d’entrée dans l’atelier. Un soir, je rentre, je cherche les clefs pendant un quart d’heure, je m’énerve, je m’inquiète parce que Choubi rentre pas, j’imagine déjà l’accident de moto, les urgences... Seb et Vahiné m’offrent un verre en attendant. En plus, les feux stop de ma voiture restaient allumés, je me demandais combien de temps la batterie allait tenir. Choubi rentre et se moque de moi parce qu’il avait caché les clefs au même endroit que d’habitude, sous un carreau blanc, mais comme il les avait astucieusement déposées dans un creux, le carreau était bien à plat si bien que je ne l’ai même pas soulevé en me disant qu’il ne pouvait pas y avoir de clefs en dessous. Il répare mes feux (un problème de contact d’après ce que j’ai compris). Ouf. Comme j’arrêtais pas de dire « faut qu’on fasse un double des clefs, ça me stresse la porte si elle est pas fermée, et les clefs dans l’atelier » et patati patata, Choubi achète un cadenas à combinaison. Un outil diabolique puisque même quand tu as la combinaison et que c’est le tien t’es pas sûr de réussir à l’ouvrir. Il faut tourner dans trois fois dans un sens, placer le clic sur un chiffre, puis tourner dans l’autre sens, placer sur un autre chiffre, tourner encore dans le sens inverse, placer sur un 3ème chiffre, et là normalement ça s’ouvre. Choubi a galéré pendant un moment avant d’y arriver en entraînement. Moi j’y arrive du 1er coup, super fière, et lui un peu dégoûté. Bref, quelques jours plus tard, il part après moi, dépose les clefs dans l’atelier, ferme avec le cadenas de la mort. Je rentre, et là je me bats contre le cadenas pendant cinq minutes, je le traite de tous les noms d’oiseaux et de coléoptères qui me passent par la tête, ruisselante de sueur en plein soleil. Je finis par ouvrir en me jurant de faire un double des clefs de la maison. Le lendemain, c’est à mon tour de partir la dernière. Je cache les clefs sous le carreau, ferme le cadenas en me frottant les mains d’avance, me disant que Choubi va galérer et qu’il va finir par confirmer la nécessité de faire un double. Il m’appelle le soir alors que j’étais sur la route : il avait ouvert le cadenas sans pb, mais voulait savoir où étaient les clefs pour ne pas les chercher partout ! C’est ainsi que finalement Choubi a changé le verrou ce week-end, nous avons chacun les clefs, OUF !

Notre installation avance bien. Choubi a aussi pendu deux hamacs à chaque bout de la terrasse. Ils sont très confortables et très jolis, de la même couleur que nos bougainvillées. Choubi les a déjà testés : jeudi il a fait une sieste l’après-midi, et le soir il s’y est endormi, Hinano (la chatte) installée sur son ventre. Il est revenu au milieu de la nuit en éternuant comme un forcené, j’ai cru qu’il avait attrapé la grippe. Il se plaignait d’être congelé, effectivement, sur la terrasse il ne faisait que 24°...

Ce matin on est allés nager tout près de la maison, au « Trio infernal ». On l’a baptisé ainsi car c’est un bar de plage qui invite des groupes de musique et qui affiche leur nom sur le bord de la route, or la dernière fois le groupe s’appelait « Trio infernal » et ça nous a fait rire. Il y a une petite plage de galet, pas de sable dans l’eau mais plein de poissons et beaucoup de calme, surtout à 9h du matin. On a nagé jusqu’à la barrière de corail. C’est vraiment étrange, on dirait une digue. On a retrouvé de nombreux poissons que nous avions vus aux Maldives, mais aussi des nouveaux, notamment des petits turquoise magnifiques. Je vais acheter un livre pour apprendre les noms.

Choubi a fait la grasse mat’ jusqu’à 8h30 ! Moi j’étais debout à 6h : correction de copies, lessive... Cet après-midi on a fait le ménage après avoir fini de tout ranger, c’était laborieux. Il faisait presque 32°, on a vraiment rechigné à s’y mettre. Mais pas le choix si on ne veut pas se faire envahir par les insectes. D’ailleurs je me suis fait dévorer par les moustiques, malgré l’huile qu’Eliane m’avait donnée. On se démange tous les deux sans arrêt. En plus j’ai des plaques rouges dans le dos, j’ignore pourquoi, est-ce une réaction allergique à un aliment ? Je me suis aussi blessée contre un corail, c’est le métier qui rentre !

Eliane m’a donné un bougainvillée violet que je vais planter devant la terrasse. Il paraît que si on les plantes ça grandit trop et qu’ils ont d’énormes épines. Elle m’a conseillé de le laisser dans le pot pour ne pas être envahie. Mais moi j’adore les bougainvillées ! Et c’est trop de bonheur s’il pousse ! J’ai planté un 2ème ananas ce midi mais pour le moment le 1er semble végéter...

Par Choubi
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