Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 22:08

Les voyages forment la jeunesse et mettent les autres HS :
Levés à 4h, c’est bien bouffis que nous montons dans le taxi que Choubi est allé attendre au bout de la servitude. On a appelé le Chinois qui m’avait gentiment rendu mes cigarettes à notre retour de France et dont on avait gardé le numéro mais qui ne parle que très approximativement le français, d’où le RV au bord de la route. On enregistre nos bagages dans les premiers, tout est fluide, on prend notre petit déjeuner puis on traîne au duty free de Faaa. Choubi est rayonnant : très peu de familles voyagent le 24 décembre, ce qui veut dire qu’il n’y aura guère d’enfants dans l’avion ! Moi je suis plus feutrée, j’aurais préféré un réveillon à Tahiti avec les amis… Tant pis. Ce sera l’Australie et les Aussies contre lesquels Manu et Fred nous ont mis en garde. Manu nous en a dit le plus grand mal, illustrant ses propos de nombreux noms d’oiseaux hauts en couleur (« des gros porcs ! » « des cons ! », « des sauvages ! »), et nous avons été surpris de constater quelques jours plus tard que Fred tenait à peu près le même discours (« des bouseux »). Nous allons pouvoir constater par nous-mêmes.

L’évasan :
Notre départ est retardé par une évasan qui tourne mal. Une femme d’une cinquantaine d’année qui a fait un accident vasculaire est amenée en ambulance et la civière est hissée jusqu’à l’avion où un lit est aménagé pour elle, à l’arrière, parmi les autres passagers, non loin de nous. Elle est reliée à divers tubes et appareils électroniques et une équipe s’empresse autour d’elle. On finit par nous annoncer qu’elle va devoir être débarquée. Je vois les médecins lui faire un massage cardiaque, apparemment en vain. La civière reprend finalement le chemin par lequel elle était venue.

Après 5h30 de vol, on fait escale à Auckland et on se remémore notre voyage d’il y a deux ans : « Tu te souviens ? Il faisait un temps pourri, t’étais déprimée et on voulait reprendre l’avion pour Papeete ! » Cette année le soleil est au rendez-vous, du moins durant le court laps de temps où nous restons en territoire néo-zélandais. On admire l’aéroport et ses nombreux duty free, puis on repart pour 2h30 de vol.

Le réveillon de Noël :
C’est donc chez Qantas que nous réveillonnons : deux malheureux plateaux repas, la loose totale. Choubi ricane parce que les hôtesses ont des serre-têtes décorés de flocons scintillants qui s’agitent à chacun de leurs mouvements, et moi je gronchonne parce qu’il n’y a même pas de dessert. Finalement, on nous apporte des esquimaux, ça ne vaut pas une vraie bûche et le goût du foie gras absent me démange les papilles, mais comme dirait Choub, c’est pas la fin du monde. D’ailleurs, les places libres sont nombreuses, et j’ai la chance d’avoir deux sièges pour moi toute seule.
 
Arrivés à Sydney, nous traversons de nouveau un duty free, un grand magasin presque désert où nous errons en tous sens, les yeux comme des ampoules clignotantes sur une guirlande de noël. La carte visa n’en finit pas de crépiter, ça faisait quand même six mois qu’on n’avait pas vus autant de produits à acheter ! On traîne tellement que nos bagages nous attendent orphelins à côté du tapis, entourés par trois agents de sécurité. On découvrira d’ailleurs par la suite que la valise de Choub a été ouverte, son cadenas forcé, heureusement qu’elle n’a pas été détruite ! On sort de l’aéroport fantôme, pas de bousculade pour les taxis.
Notre hôtel est idéalement placé, en plein centre, près de Martin Place. Choubi est un peu grouboudou en découvrant qu’on ne peut pas ouvrir la fenêtre et qu’il n’y a pas de balcon, mais des publicités « What to do after dark » lui redonnent vite le sourire : quelques pages sont consacrées aux restaurants et bars, tout le reste vante les mérites d’asiatics angels qui semblent âgées de quinze ans à peine et promettent les nuits les plus torrides. On prend un petit apéro dans l’aquarium réservé aux fumeurs, à côté de machines à sous dont les musiques ont un étrange air de train fantôme. Bien qu’il n’y ait que trois heures de décalage horaire avec Tahiti, nous sommes décalqués par le voyage, et Morphée nous emporte rapidement dans ses tentacules moelleuses. Pas de promenades sulfureuses en vue, les Lolitas aux yeux bridés peuvent remettre leurs petites culottes…

Sydney, expensive town :
    Quand les Chais, un couple d’amis rencontrés à Tahiti il y a deux ans, sont repartis à La Réunion au bout d’un an, nous nous sommes donné rendez-vous à Sydney le 31 décembre 2011. On devait donc fêter le réveillon ensemble dans la ville au fameux feu d’artifice, mais lorsque j’ai cherché des hôtels en ville, les prix nous ont effarés : rien à moins de 700$ ! On a donc convenu qu’on se verrait le 30, les tarifs étant plus abordables avant cette date fatidique. Finalement, on s’est vite aperçu que tout était cher : les hôtels, la nourriture, les vêtements…

Le shopping :
On avait prévu de rapporter divers objets, or les prix nous ont vite fait déchanter. J’ai tenté en vain de faire un peu de shopping : non seulement le moindre article était hors de prix, mais en plus tout était d’une laideur affligeante. Un remake de la Nouvelle-Zélande en quelque sorte. Les habitants ne nous ont pas frappés comme là-bas par leur physique (pas d’écrevisses, de traits affreux et de corps tordus), par contre, il est évident que nous n’avons pas le même sens de l’esthétique vestimentaire. Les coupes, les tissus et les alliances de couleurs sont vraiment terribles ! Le 26 décembre est aussi un jour férié en Australie : le Boxing day (et non « punching day » comme j’ai dit par erreur à Choub). Evidemment, on l’a découvert en temps réel… C’est aussi la date d’ouverture des soldes, et les magasins incitent comme ils peuvent à l’achat compulsif : « Buy now or cry later ». Moi c’est tout de suite que j’ai envie de pleurer : même avec 50%, la moindre robe est encore plus chère qu’à Tahiti, et affreuse en plus ! Je suis quand même très têtue, et ce n’est que le troisième jour, après des heures de fouilles désespérées dans les rayons de chaque boutique, lorsque j’ai enfin trouvé une robe « mettable » mais sans rien d’exceptionnel à 220$ (soit environ 22.000 XPF), que j’ai définitivement abdiqué. Pendant que j’arpentais Pitt Street, Georges Street et tous leurs réseaux de galeries marchandes, Choubi m’attendait en jouant avec son I-pad connecté aux réseaux gratuits. Ah cet I-pad, j’ai beau faire quelques petites crises de jalousie de temps en temps, quelle invention salvatrice !

Les food courts :
Dans ces grandes galeries commerciales se trouvaient aussi des « fodd courts », comme on en a vus à Hawaï : au même étage sont rassemblés tous les restaurants imaginables (du grill à l’asiatique en passant par les yahourts), pratique, apétissant mais terriblement bruyant. Il faut commander au comptoir puis attendre qu’un serveur vous appelle pour aller chercher le plat. L’un des restaurants nous a donné un petit gadget qui s’allume quand la commande est prête. Plus pratique qu’au café d’à côté où les serveuses appelaient les clients par leur nom : avec l’accent, impossible de déceler les nôtres !

La connasse :
Une petite mésaventure dans les toilettes d’une galerie commerciale a bien failli me faire confirmer les dires de Fred et Manu au sujet des Australiens. Je faisais la queue derrière une Australienne revêche, une asiatique sort, je laisse l’Australienne se diriger vers le WC libéré. L’asiatique explique que la chasse-d’eau fonctionne mal, si bien que l’Australienne ne trouve rien de mieux à faire que de me bousculer pour se précipiter dans le deuxième WC qui s’est libéré entre temps et où je m’apprêtais à entrer ! Elle me jette, méprisante : « There’s a queue girl ! » Je suis profondément pacifiste, mais là, franchement, j’ai dû lutter pour ne pas lui mettre mon poing dans la figure !

Finalement, je me suis quand même acheté une paire de sandales pour marcher (pour la modique somme de 13.000XPF !), une jupe longue, et surtout, nous avons trouvé des Tilleys, ces fameux chapeaux canadiens à propos desquels Choub ne tarit pas d’éloge. Désormais, j’en ai un aussi, les deux Choubis sont équipés pour l’aventure ! A 150$ le chapeau on n’a pas fait d’affaire, mais depuis le temps qu’on en cherchait… Celui que Choub arbhorait depuis quelques années avait vilaine mine après avoir subi les affronts des bananiers dont la sève est au moins aussi toxique que le sang de l’hydre de Lerne, sans parler des auréoles de transpiration tropicale.    

Sydney en long, en large et en travers !
    Nous avons passé six jours à Sydney, plusieurs personnes nous ayant vanté les mérites de cette ville, mais tout compte fait, quatre jours auraient suffi. De plus en plus sauvages, nous sommes vite fatigués par les ambiances citadines. Pourtant, il faut reconnaître que Sydney est plutôt agréable : elle n’est pas surpeuplée, sa taille modeste permet de la sillonner à pied, et son emplacement en bord de mer est très agréable. A l’exception d’un immense sapin de Noël à Martin Place, il n’y avait pratiquement aucune décoration, aucune guirlande lumineuse (encore un point commun avec la Nouvelle-Zélande).

L’opéra :
Nous avons commencé par aller voir le fameux opéra. Nous aurions aimé y écouter un concert de musique classique mais je n’ai rien trouvé d’intéressant. Nous nous sommes donc contentés d’admirer l’architecture extérieure. Comme on regardait le port, nous nous sommes étonnés du grand nombre de bateaux qui allaient et venaient. Le soir, en regardant les infos, nous avons compris : le départ de la Sydney-Hobart qui devait avoir lieu la veille avait été reculé d’une journée en raison des mauvaises conditions météo et nous l’avons manqué de peu, au grand dam de Choubi. A Circular Quay, des artistes de rues font des spectacles, et nous en avons vu un avaler un ballon en forme de saucisse immense, ce qui nous a laissés fort perplexes. La théorie de Choubi est que le ballon est comestible et se dissout. N’empêche, il faut bien l’ingurgiter, gonflé d’air !

Harbour Bridge :
Nous avons bien sûr arpenté le célèbre Harbour Bridge duquel il est vrai que la vue sur Sydney est grandiose. Nous avons d’abord cru qu’il fallait payer pour le visiter, et Choub s’est énervé : « Attends, je vais pas faire le Schtroumpf sur leur foutu pont ! ça va pas la tête ?! Non mais franchement, tu te vois toi dans une salopette bleue, accrochée par un câble ? faut arrêter l’délire ! » En fait, l’excursion « Schtroumpf » concernait les touristes ayant envie de grimper sur la structure métallique du pont. Petite anecdote : j’ai entendu aux infos qu’une femme avait jeté son bébé du haut du pont ! Nous nous sommes promenés à pied puis nous avons découvert le quartier des Rocks, quelques petites rues pittoresques où Choub a pu savourer une Guiness.

Un matin, nous nous sommes levés de bonne heure et avons traversé Hyde Park où trône une belle cathédrale pour nous rendre à Oxford Street, le quartier gay. Malheureusement, l’heure était vraiment mal choisie, c’est un quartier qui s’échauffe la nuit, comme le laissent imaginer les publicités des bars et boîtes de nuit (de l’homo au sado maso, il y en a pour tous les goûts). D’ailleurs, les magasins ouvrent tard (10h) et ferment relativement tôt (17h).

Darling Harbour :
On a donc continué vers Darling Harbour, en passant par Market Place, un grand hall rempli de petits stands tenus par des Chinois. La qualité des articles est évidemment… chinoise. Apparemment la mode est aux bottes en peau retournée et fourrées (en plein été, alors qu’il fait 22° !!!) : les vitrines des boutiques chic en exposent décorées de diams,  les magasins à touristes vantent les cuirs australiens, et les Chinois disparaissent entre leurs montagnes de boots mal coupés. La ville est d’ailleurs infestée d’asiatiques qui travaillent souvent dans les commerces, les hôtels et la restauration. On a déjà du mal à comprendre les Australiens dont l’accent est particulier, mais les asiatiques australiens qui essayent de parler anglais, c’est de la science-fiction ! Les jeunes asiatiques sont carrément hors concours en ce qui concerne les tenues vestimentaires : durant tout notre voyage, je n’ai cessé d’écarquiller des yeux ahuris devant ce qu’ils osaient porter. A Darling Harbour, ou « Port chéri / porcherie » (jeu de mots du Choub-Choub !), nous avons mangé notre 1er Mac Do du voyage : on voulait commander des fishs and chips à côté, mais ils ne servaient pas encore. On a donc mangé nos hamburgers sur un banc, devant une vaste étendue de pelouse où des chaises longues et des espèces de nattes sont laissées à disposition. Les Australiens sont décidément très respectueux du matériel : pas de tags, pas de casse, tout est propre. C’est vraiment agréable ! On a fait un petit tour en monorail, pour le fun, mais manque de chance, il s’est arrêté au bout de deux stations et on a dû descendre du wagon en raison d’un incident technique. On a repris le suivant, de moins en moins convaincus par l’engin : le circuit est très réduit, il y a très peu de rames, on ne peut pas être plus de dix par wagons. Autrement dit, s’il est censé être utile, c’est loupé. Sans doute alors a-t-il une vocation touristique ? Certes, mais alors pourquoi avoir peint les fenêtres ?! On ne voit rien des paysages ! On en a donc déduit que ce monorail était absurde.

King Cross :
Nous avons longtemps marché pour atteindre Potts Point, et quelle déception ! Rien à voir. On a donc regardé les tenues ridicules des passants en sirotant bière et coca, puis on a mangé. Toujours cette agaçante commande au bar, très pratique quand on a déjà commandé des boissons et qu’il faut ressortir le portefeuille (carte cette fois ?). Même le verre d’eau, il faut aller le chercher et le remplir ! Les Australiens ne connaissent pas le pain à table. J’ai donc eu la surprise de me voir apportée une salade sans pain. Et lorsque j’en ai demandé, la serveuse m’a dit que chaque tranche me serait facturée 1$. Allons bon, soyons fous, j’en ai commandé 4. Lorsqu’elles sont enfin arrivées, j’avais mangé la moitié de ma salade, et comble de l’histoire, on nous a facturé 4 tranches alors qu’il n’y en avait que 3 ! Au bout de deux mésaventures de ce type, j’ai pris l’habitude de demander du pain quand je commandais une salade. On me regardait toujours de travers, mais en général j’avais deux ou trois toasts.

Botanical Garden :
    Nous sommes remontés de King Cross au Botanical Garden, un immense jardin très agréable qui surplombe la baie de Sydney. A l’entrée, une pancarte incite les promeneurs à marcher sur l’herbe !!! C’était la veille du 31 et les préparatifs battaient leur plein : des techniciens installaient des armadas de toilettes publiques tandis que les futurs spectateurs étudiaient le plan du jardin pour choisir le spot idéal. Certains s’installent le matin pour être sûrs d’avoir la meilleure place ! Comme nous avions bien marché (d’ailleurs, chaque jour nous marchions beaucoup), nous nous sommes allongés dans l’herbe et Choubi n’a pas tardé à s’endormir tandis que d’étranges oiseaux au long bec passaient près de lui. Pendant qu’il ronflait joyeusement, je traquais les cacatoès et les chauves-souris.

Patience, patience... la suite dès que possible !

Par Choubi
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Mercredi 21 décembre 2011 3 21 /12 /Déc /2011 23:19

 

 Enfin les vacances, de vraies vacances suffisamment longues pour qu’on puisse déconnecter et se reposer vraiment ! J’en profite donc aussi pour tenter de rattraper le retard accumulé ces derniers mois…

 

La vie au bord du lagon:

Notre vie est rythmée par notre contemplation de la mer dont nous ne nous lassons pas de commenter l'état et la beauté: "T'as vu comme c'est calme ! Regarde ces vagues sur le récif ! C'est trop beau ! Tiens, une pirogue ! Y'a des pêcheurs ! Ce coucher de soleil, c'est magnifique !" Lorsque nous avons emménagé, la houle était presque continue et parfois assez forte, si bien que je scrutais en vain les flots de l'autre côté de la barrière pour tenter d'apercevoir les baleines qui passent souvent dans ce coin. Choubi, alerté par Vincent, a pu en voir : on aperçoit leurs souffles et il arrive même qu'on les voit surgir hors de l'eau. Pendant la saison des amours, les mâles exécutent en effet des sauts prodigieux et battent la surface de l'eau avec leurs nageoires. J'ai fait deux sorties en bateau pour les observer, et suis revenue de la première bredouille. Or c'est justement là qu'en rentrant, j'ai trouvé Choub et Vincent postés devant la plage, guettant les baleines qu'ils avaient aperçues. C'était vraiment le comble puisque nous étions venus devant la maison en bateau ! Mauvais mana... Lors de la deuxième sortie, on a pu se mettre à l'eau, et Vaiana a même bravé sa peur du bleu pour palmer vers la baleine et son petit. Malheureusement, c'était dimanche, et les curieux étaient aussi nombreux qu'indisciplinés. Un bateau a foncé à toute vitesse sur les animaux et les a effrayés si bien qu'ils ont replongé pour avoir un peu la paix.

Depuis l'arrivée de l'été, la mer est d'un calme extraordinaire, au point qu'il arrive qu'on ne devine même plus l'existence du récif. On voit marcher des gens sur l'eau, en réalité, ils sont sur les coraux. Près de chez nous se trouve une passe étroite et très dangereuse car les courants sortants y tourbillonnent. Plusieurs personnes y ont trouvé la mort, emportées vers le fond. Avec Choub, nous y sommes allés en kayak, lui pagayant et moi derrière palmant de toutes mes forces car il râlait en disant que je le freinais. Là où se trouve la passe, le sol s'ouvre soudain sur un espèce de canyon très profond et effectivement, on se croirait dans une machine à laver. Je suis sagement restée cramponnée au kayak, je n'en menais pas large. Devant la maison, le courant est déjà parfois très fort, il faut être vigilant. Je vais régulièrement faire du snorkeling, et à chaque fois j'ai un petit cadeau : un requin, une raie léopard, une murène blanche, un ptéroïs... Je ne me lasse pas. Je suis allée à la nage jusqu'à la passe un jour où la mer était parfaitement calme, mais une fois là-bas, je ne me suis guère attardée car le courant aspire tout ce qui passe à portée de sa gueule. Je me demande comment font les pêcheurs qui y font de la chasse sous-marine en apnée. Il arrive que certains restent au fond, surtout s'ils sont seuls... Un élève du lycée de Choubi a disparu ainsi l'an dernier. 

Choub-Choub va parfois faire un petit tour en kayak en fin de journée. Il est même allé jusque chez les Vaiatouf, presque 4 kms ! Dans son élan, il était prêt à tenter la traversée jusqu'à Moorea ! Tous les soirs, on guette le coucher du soleil, toujours différent et toujours magnifique. Les couleurs sont parfois surréalistes, et Moorea détache ses reliefs sombres sur le ciel embrasé, c'est un pur moment de bonheur.  Il arrive qu'on retrouve les voisins sur la plage, tout le monde déguste une Hinano en savourant l'instant de plénitude et de sérénité. Vincent capte les plus belles images avec son appareil car il est photographe et très doué d'ailleurs (voir le lien vers son site sur facebook).

 

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Vue panoramique du lagon et de la côte Ouest de Tahiti

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Un pêcheur sur le récif

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Un pêcheur sur sa pirogue à balancier, le matin

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Demoiselles à trois tâches juvéniles dans leur anémone

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Un bénitier

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je sais plus le nom, faut que j'achète le guide des récifs... En tous cas c'est super rigolo, quand on approche le doigt, ça se referme d'un seul coup.

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Labre à taches d'encre

Ils sont nombreux dans le lagon et m'escortent souvent (l'habitude de manger les restes avec les pêcheurs?)

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Je me lève un matin, et j'ai droit à un petit miracle...

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Je vous avais prévenus, les couchers de soleil vont pulluler sur le blog...

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Rien à faire, je ne m'en lasse pas !

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Moorea, l'île soeur

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Fleurs de mon tipanier hawaïen après une averse

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Le tipanier que j'avais bouturé fait enfin des fleurs !

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Hinano et la nouvelle maison :

            Le déménagement l’a perturbée au point que pendant deux ou trois jours, elle a disparu sous un lit et n’est guère sortie de sa cachette. Puis peu à peu elle est partie en investigation et a fait le tour de chaque pièce, oreilles, nez et moustaches aux aguets. Quant à s’aventurer dehors, c’était une autre affaire ! Or au moment où elle commençait à s’enhardir, j’ai redéplacé des meubles pour installer mon piano face à la mer, ce qui a provisoirement stoppé ses velléités exploratrices. Finalement, au bout d’une semaine, elle était tout à fait acclimatée, et semblait même rajeunie. Elle ne quitte pas le jardin où elle ne rôde d’ailleurs que très prudemment, mais joue beaucoup, matin et soir. Elle adore vagabonder sur le petit muret qui entoure la terrasse. Lors de la forte houle, c’est d’ailleurs grâce à lui que la maison n’a pas été inondée car la mer est venue jusque dans le jardin dont la pelouse avait effectivement été grillée par le ciel quand nous avons emménagé. Des oiseaux (on suppose qu’il s’agit toujours des deux mêmes) viennent se percher sur les câbles qui tiennent le toit en cas de cyclone, ils jacassent à qui mieux mieux en regardant Hinano d’un air moqueur, et celle-ci les ignore royalement. Elle préfère se rouler dans le petit tapis que j’ai placé à l’entrée de la salle et qu’elle lance pour bondir après lui, ou se pendre aux rideaux, MES rideaux, les seuls de la salle. Comme j’avais la flemme de faire un ourlet, je me suis contentée de piquer des épingles qui n’ont pas tardé à disparaître. Il faut tout de même souligner la docilité de notre chat que nous avons élu « meilleur chat de la terre entière ». Pas une seule bêtise (à l’exception de ces fameux rideaux), jamais un pipi même quand on l’enferme dans la maison, des câlins à longueur de journée, bref, une crème ! Elle sait même faire la différence entre deux paires de savates identiques, l’une lui ayant été donnée pour se faire les griffes. A l’origine, elle disposait de vieilles sandales de Choubi (son odeur ou rien !), mais les femmes de ménage les ayant jetées, elle s’était vengée sur les belles chaussures qu’il s’était achetées à Hawaï. Il a donc fini par se racheter une deuxième paire de savate (et quand on le connaît on n’est pas surpris qu’il ait racheté exactement la même…) et lui a donnée l’ancienne. Elle s’y fait bien sagement les griffes. Au début de notre emménagement, il nous a fallu partager la salle de bains avec de nombreux autres locataires clandestins. De nombreux lézards très grassouillets s’y baladaient, mais c’est surtout d’étranges vers minuscules en forme de virgules qui nous laissaient perplexes. Ils squattaient la douche où ils séchaient et ressuscitaient lorsqu’on les mouillait, se mettant alors à serpenter avec volupté. Ils ont fini par disparaître, à mon grand soulagement (comme dirait Choubi « La Guyane, c’est pas gagné ! »). Il nous est aussi arrivé de retrouver un crabe sous les WC, et nous n’avons pas réussi à savoir s’il était venu là tout seul ou invité par Hinano. Hier soir, comme on se demandait avec quoi elle jouait près du lit (pour une fois ce n’était pas une boule quies), Choubi a découvert un tout petit bernard-l’hermite. On s’est dit que c’était le jouet idéal pour notre chat, mais Choub-Choub, saisi de pitié, l’a libéré (quel homme !). De toute façon, elle a deux balles de ping-pong que j’ai confisquées à mes élèves et derrière ou plutôt devant lesquelles elle bondit avec passion. Elle non plus n’aime pas les louvres : elle se couche sur le rebord de la fenêtre et renifle dehors l’air dépité car elle reste coincée par les moustiquaires. Un soir, elle nous a bien fait rire : elle s’est retrouvée coincée entre la moustiquaire et les louvres qui s’étaient refermées ! Autre mésaventure : je lui ai donné une douche, sans doute la première de sa vie. En rentrant du collège, je l’ai trouvée couverte de traces noires ressemblant à du cambouis. Elle en avait partout, et je n’ai pas hésité : on est allées ensemble dans la douche où elle a poussé des miaulements déchirants. Mais lorsqu’elle a été vraiment trempée, elle a cessé de se débattre et je l’ai shampouinée de fond en comble. Le plus malheureux dans cette histoire, c’est Choubi qui a regretté de n’avoir pas assisté au spectacle, non pas qu’il eût aimé m’aider mais par pur sadisme envers la pauvre Hinano.

 

Salon du tourisme :

            C’est à chaque fois un événement crucial pour nous puisqu’on s’y approvisionne en activités, voyages et séjours pour plusieurs mois. Il faut juste être très organisé et savoir ce que l’on veut avant d’y aller car une fois sur place, on a vite l’impression d’avoir fumé le paka tant on est étourdi par la foule, le bruit et le nombre des stands. Comme à chaque fois, j’y suis retournée plusieurs jours de suite. J’ai beau devenir expérimentée, je suis arrivée trop tard pour un we à l’hôtel à Moorea. Il faut dire que les stocks disponibles sont très limités, certaines périodes ne sont purement et simplement pas ouvertes. J’ai commencé par réserver un séjour à Fakarava, passe Sud, au même endroit qu’au mois d’août. On avait tellement aimé qu’on a décidé d’y retourner avec Mathias. Je retrouve Tila, la femme de Manihi, qui en vraie Tahitienne, me sert dans ses bras et me fait d’énormes bises sur les joues. Au moment où je m’assieds, elle me fait un petit signe, discrètement hilare. La défaite ! L’un de mes seins avait décidé de prendre l’air… Dangereux les petites robes… ! On rit ensemble puis on papote un bon moment. Je la quitte, toute guillerette, et plus loin, tombe sur le stand de la croisière plongée que nous avions faite un an auparavant. Radieuse, un large sourire aux lèvres, je vais saluer Jeep et Valérie. Alors que je n’avais même pas fini de lui faire la bise, Valérie me tombe dessus et me bombarde de reproches acerbes : « Si t’as quelque chose à dire, t’as qu’à le dire en face plutôt que dans ton blog ! » Je reste éberluée, sans voix, tandis qu’elle continue à m’agonir parce que j’ai parlé de coussins inconfortables, de poisson à tous les repas, etc… Elle poursuit en disant qu’on leur doit deux bouteilles de vin, et je cherche désespérément à comprendre, fouillant mes souvenirs pour me rappeler comment on leur a réglé les boissons à la fin du séjour. Peu à peu je comprends qu’elle nous accuse de leur avoir volé deux bouteilles en leur absence ! Les larmes aux yeux, je clame notre innocence, lui rappelle que c’est moi qui suis venue les saluer, que j’ai donné leurs coordonnées à un couple désirant faire une croisière plongée, lui explique que c’est plutôt de moi-même que je me suis moquée dans le blog et lui dis que je peux retirer leur nom si je leur ai fait du tort. Elle finit par se rendre compte de son erreur et s’excuse. Je repars malgré tout bien bouleversée…

 

L’inspection :

            L’année avance, mais j’ai parfois l’impression que mes élèves régressent. Quelques perles de mes 6èmes Miro pour donner une idée de ce que j’endure :

·         Réponse à la question « Quel est l’auteur de ce texte ? »

-          « L’auteur est Panique en 6eA. »

·         Réponses à la question « De quel roman ce texte est-il extrait ? Comment le sais-tu ? »

-          « Le texte est tirer par le romain « Panique en 6eA. Car il est en italique »

-          « Il est pas un roman. Parce que a la fin du texte Il y a marque Panique en 6eA et oui et –il marque en italique. »

·         Réponses à la question « A quelle personne est écrite cette histoire ? Le narrateur est-il un personnage de l’histoire ? Comment appelle-t-on ce type de narrateur ? »

- « Le narrateur est extérieur par qu’on ne voi pas son nom. Sa s’appelle orthobiographie. »

-          « cette histoire est écrite on us [l’expression « us et coutumes », avec son sens en note, figurait dans le texte], non le narrateur nest pas personnage de l’histoire. »

-          « Il est écris de plein de personne. non il n’est pas un personnage de l’histoir. », « On n’appelle un type de narrateur écrivaint. »

-          « Ce personnage est écrit par prin le narrateur est un personnage qui est toujours écrit en bas a droits »

-          « Il est à la persone qui traduie cette histoires. »

-          « La personne c’est madame Prin qui a écrite cette histoire.Oui. le narrateur c’est une personnage de l’histoire. On appelle des écrivien. »

·         Réponses à la question « Rappelle ce qu’est un champ lexical » :

-          « Un champs lexical est un ensemble de mot qui entour un verbe de même nature. »

-          « c’est une mot qui l’entoure »

-          « Un champ l’exical un sonce un mot qui veut dire la même chose. »

-          « Un champ lexical est un ensemble de mot qui se dit toultent et qui se pronense aussi tourbertent. »

·         Réponses à la question « Quel est le personnage principal de cette histoire ? »

-          « Le personnage de cette histoire c’est Mme P [mon nom]. »

-          « Le personnage de cette t’histoir et p [mon nom] »

En lisant ces inepties, on se demande ce que fait le prof !!! J’ai traversé un moment de profond découragement après avoir corrigé ces horreurs. De grande perplexité aussi quand j’ai vu que je figurais tour à tour en tant qu’auteur et personnage. Il m’a fallu un certain temps pour comprendre d’où venaient ces étranges idées : j’avais eu le malheur d’expliquer que l’introduction d’un texte n’était pas écrite par l’auteur mais celui qui présente le texte, éditeur ou professeur (en l’occurrence cette fois-là c’était moi). Apparemment, cela les a tellement marqués qu’ils m’ont mise à toutes les sauces…

 

Début octobre, le principal nous a annoncé la Grande Nouvelle : l’Inspecteur arrive ! Il faut savoir qu’il est basé en Nouvelle-Calédonie et ne vient donc pas en mission à Tahiti tous les quatre matins. N’ayant pas été inspectée depuis dix ans, j’ai appris avec joie que je faisais partie des « visitées ». Mais très vite, l’anxiété, l’angoisse et bientôt la panique m’ont envahie, grandissant à mesure que le temps passait, d’autant plus que c’est avec ces fameux 6èmes Miro que j’allais être inspectée. Pendant un mois, je n’ai pas cessé de penser inspection, de travailler inspection, de dormir inspection, de rêver inspection, de vivre inspection. J’avais l’impression de repasser le Capes, je n’avais pas travaillé ainsi depuis des années. Pendant chaque cours, je me figurais l’Inspecteur assis au fond de la classe et me jugeais en temps réel « ça c’est bien, ça surtout pas le jour J ! ». Une vraie galère ! Vaiana était dans le même état que moi, on se communiquait nos peurs et s’encourageait mutuellement. Impossible de se raisonner, on avait beau savoir qu’on ne risquait rien, que cette visite serait davantage une formalité qu’autre chose, plus on s’en rapprochait, plus on était à cran. Nos hommes avaient presque plus hâte que nous que le jour J soit passé, ils n’en pouvaient plus de nous voir stressées et si peu disponibles. Durant cette longue et pénible période, je m’octroyais des pauses « Twin Peaks ». Rapidement addicts, on a regardé toutes les séries, c’était des plages de pur plaisir (en V.O.S.T. afin de perfectionner notre Anglais !). J’ai réussi à arracher des béta-bloquants au médecin qui n’en voyait pas du tout la nécessité « C’est quoi le problème avec cette inspection ? » et j’ai pu avoir l’air décontractée durant la séance. Précisons que l’Inspecteur a eu la bonne idée de venir le mercredi avant les vacances, et le lendemain d’un jour férié ! Inutile de préciser que les élèves étaient dans une dynamique de travail des plus efficaces… Comble de malchance, un cross était prévu ce jour-là, si bien que cinq à neuf absents étaient prévus, parmi lesquels les meilleurs élèves. La défaite. Finalement, comme il pleuvait des trombes d’eau, le cross a été reporté et on a récupéré les élèves, sans matériel évidemment, mais ils étaient là. Tout s’est bien passé, et lors de l’entretien, l’Inspecteur m’a même dit : « Votre classe semble d’un bon niveau » !!! Pourtant, le sort m’avait donné l’une des pires sixièmes et j’en étais malade depuis un mois, sueurs froides à chaque réponse absurde en imaginant la traversée du désert qui m’attendait. A croire que ma maïeutique a été brillante… Toujours est-il qu’il m’a fait moult compliments et m’a conseillé de passer l’agreg. Déjà qu’à Cherbourg cela me paraissait difficile, sous les tropiques, n’en parlons pas ! En tous cas, nous sommes toutes ressorties soulagées, heureuses et fières. Reste à voir la note et le rapport… Le dernier de notre carrière sans doute puisque les inspecteurs vont disparaître… Quand je suis rentrée à la maison, on a pris un p… d’apéro avec Choub, et j’ai passé la fin de la journée au lit, complètement farcie. Fallait bien ça pour me remettre de mes émotions !

 

La crémaillère :

            Nous fêtons la crémaillère de la nouvelle maison le premier week-end des vacances, avant notre départ pour Fakarava où nous avons craint un moment de partir seuls car Mathias s’est fait opérer d’urgence quelques jours avant. On est allés le voir à la clinique où Choubi a bien failli tourner de l’œil rien qu’en sentant l’odeur caractéristique des hôpitaux. Les lieux faisaient vraiment penser à un pauvre dispensaire et n’inspiraient que moyennement confiance. On n’a pu que compatir aux mésaventures de notre gitan qui n’a donc pas été des nôtres lors de notre crémaillère. Celle-ci a été échelonnée. Comme on voulait que tout le monde profite du lagon, on avait lancé des invitations pour le midi, avec prolongations le soir. Finalement, de journées de travail ou activités imprévues (surf, danse) en problèmes de baby-sitters, les amis sont arrivés entre 13h30 et 19h, et personne ne s’est baigné. Par contre, on a vidé un nombre honorable de bières et de bouteilles diverses, dans un grand brouhaha de bonne humeur, et on s’est quittés une fois de plus en attendant la prochaine soirée avec impatience.

 

Vacances à Fakarava :

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Puka est toujours là !

 

            Finalement, notre gitan a bravé ses problèmes de santé et nous sommes partis comme prévu avec Tara. Décidément, la dernière fois que nous étions allés à Rangiroa ensemble, il avait une vilaine grippe ! Contrairement au mois d’août, Choub et moi avons très mal dormi, sans doute à cause de la pleine lune. Notre bungalow était vraiment charmant : du lit, on voyait le lagon et le coucher de soleil.

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Pas de doute, vu le bordel, c'est bien le bungalow des Choubis !

 

On a plongé plusieurs fois parmi les bancs de requins gris et décidément, la passe Sud foisonne de coraux et de poissons d’une beauté sans pareille. On a même vu des carangues échevelées, qui ne sont visibles en Polynésie qu’entre octobre et janvier. On a retrouvé Julia qu'on avait rencontrée en août à Rangiroa, et on s'est promis cette fois-ci de se revoir à Tahiti où elle est véto. Nous sommes allés aux Sables Roses, un magnifique motu de carte postale à l’eau irréellement turquoise.

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Raie léopard dans le lagon

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Tétrodon moucheté

Ils se déplacent comme de petits hélicoptères et on a envie de leur mettre du rouge à lèvres !

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Ce poisson porc-épic a sans doute eu maille à partir avec un requin...

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Tétrodon moucheté

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Poisson perroquet

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Perroquet à bosse

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Réunion au sommet

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Poissons-chèvres mimétiques

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Chaetodon raton laveur

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Requin pointe noire et son rémora

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Je ne connais pas leur nom, mais au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, j'en suis FAN !

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Napoélon (famille des labres)

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Retour de snorkeling (d'où la marque super glamour sur le front !)

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Poisson-ange empereur

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Carangue échevelée

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Une incroyable famille était en vacances avec nous sur le motu : un parachutiste, sa femme et leurs sept filles (de un an et demi à seize ans), toutes plus belles les unes que les autres, et d’une sagesse à couper le souffle ! Choub et moi sommes restés béats d’admiration devant ce modèle d’amour et de rigueur. Choubi a même complètement craqué pour la petite de trois ans, sa douceur et ses grands yeux angéliques. Il a laissé son i-pad entre les mains des filles qui regardaient les vidéos des dauphins et des requins, c’est tout dire ! Avec Tara, nous nous sommes trouvé une passion commune, celle des bernard-l’hermite : j’étais chargée de les lui attraper et elle leur construisait ensuite toutes sortes d’aménagements (piscines dans des bénitiers, maisons dans des bouteilles en plastique…). J’avais pitié de ces malheureux crustacés et je m’en suis voulu d’avoir prononcé la phrase fatale : « Il doit s’ennuyer ton bernard-l’hermite, il est enfermé tout seul dans la bouteille, il voudrait sans doute aller jouer avec ses amis ! » qui a abouti à une torture générale. Le bateau de Manihi est encore tombé en panne, et ce sont ses collègues qui nous ont ramenés sur l’île principale pour que nos puissions prendre l’avion.

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Les Sables Roses

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Les Choubis

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Après les vacances, Mathias s'est de nouveau fait opérer, à l'hôpital du Taaone cette fois-ci (le luxe !). C'est à ce moment-là que Julia nous a recontactés et nous avons improvisé une petite bouffe tous les 4. Comme Julia est très gourmande, elle avait apporté un délicieux gâteau, et, stupeur, Choubi en a mangé ! Or le lendemain, alors qu'on finissait les quelques parts qui restaient et que Choubi soulignait le fait que le gâteau était excellent, je découvre l'étiquette sur la boîte : un cheesecake !!! Choub a mangé un gâteau au fromage et n'est pas mort !

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Faits divers :

            La Polynésie a été secouée par un horrible fait divers avec le meurtre d’un Allemand aux Marquises. D’après la presse, le touriste aurait été dépecé puis brûlé, si bien qu’en Europe, certains journaux ont parlé de cannibalisme, ce qui a profondément blessé les Marquisiens, ces pratiques étant bien sûr révolues depuis longtemps.

Article paru sur Tahiti Infos :

 

« Le suspect du meurtre du touriste allemand Stefan Ramin, Henri Arihano Haiti, placé en garde à vue depuis lundi 19H à Nuku Hiva aux Marquises, doit atterrir mercredi aux environs de 18H à la base aérienne 190 de Faa'a, a-t-on appris mercredi de source proche de l'enquête. Il est rapatrié par la gendarmerie à bord d'un avion de l'armée spécialement affrété pour l'occasion.
A son arrivée, il sera immédiatement déféré au Palais de justice de Papeete où il doit être mis en examen par un juge d'instruction pour assassinat, agression sexuelle et séquestration.
Ce Marquisien de 31 ans s'était rendu aux forces de l'ordre lundi , après 7 semaines de cavale. Depuis le 10 octobre, les gendarmes recherchaient ce chasseur soupçonné du meurtre du touriste allemand Stefan Ramin, arrivé en voilier avec sa compagne à Nuku Hiva, et dont le corps a été retrouvé calciné dans un brasier le 9 octobre.
Selon sa compagne, Stefan Ramin serait parti à l'intérieur de l'île avec le suspect le 9 octobre, au lendemain de leur rencontre. Ce dernier serait revenu vers elle quelques heures plus tard en lui expliquant que son compagnon, blessé, avait besoin d'être secouru. La jeune femme a raconté avoir ensuite suivi le chasseur en direction de son compagnon. L'homme aurait alors tenté de la violer après l'avoir ligotée à un arbre dont elle serait finalement parvenue à se libérer. »

 

            Le mois de novembre a été marqué par plusieurs affaires sordides : le cadavre d’une jeune fille étranglée a été retrouvé sur une plage à Mahina, et dans la même semaine, deux femmes se sont suicidées de manières particulièrement atroce. L’une s’est enfoncé un couteau dans le ventre en public, et l’autre s’est immolée par le feu devant son mari et ses enfants, à la suite d’une dispute conjugale (apparemment elle était battue par son époux).

 

Un été chaud au collège :

            Dès la fin du mois de novembre, les esprits se sont échauffés aussi au collège. Lors d’une réunion, les chiffres concernant les absences et les retenues ont été commentés, après un long débat sur le prix d’une lunette de chiottes car des collègues ont demandé à ce que les toilettes des femmes en soient équipées. Précisons que le système de verrouillage de certaines toilettes est défaillant au point que j’ai failli plusieurs fois y rester enfermée, notamment au moment de l’Inspection, ça fait désordre… Bref, pour revenir aux problèmes de disciplines, des élèves ont chappé (séché) les cours pour boire et sont revenus complètement bourrés. En salle des profs, les noms des élèves exclus et les motifs des exclusions sont écrits chaque jour, la liste est allée croissante. Insultes, violences, consommation d’alcool et de paka, rien ne semblait pouvoir calmer les ardeurs ; l’adjoint et la CPE ne savaient plus où donner de la tête. La semaine avant les vacances, 21 noms figuraient sur le tableau pour les motifs suivants : « tags, dégradations, insultes, harcèlement, vol, a apporté un canif au collège, a fait exploser un pétard en classe, s’est enfui de la salle par la fenêtre, a donné un coup de pied à un prof, a visé un prof et ses élèves avec une sarbacane » ! Dix professeurs étaient absents le même jour en raison d’une épidémie de gastro (la salmonelle a frappé), un chaos total. Ma collègue de SVT, quant à elle, est absente pour deux mois car elle a reçu une noix de coco sur l’épaule : clavicule et omoplate cassés, rééducation… La vie sous les tropiques est dangereuse ! Heureusement qu’elle ne l’a pas reçue sur la tête ! Difficile de travailler dans cette ambiance, avec la chaleur suffocante, le bruit des cours d’EPS dans la cour parce que le stade est en travaux, le vacarme de marteaux-piqueurs qui attaquent la montagne. Les vacances ont été accueillies avec un soulagement sans limites ! Pour conclure, une petite anecdote très amusante : un père demande à un prof dans le carnet de correspondance de son fils, si ce dernier a fait des progrès. L’élève a répondu à la place du prof : « Bastien, il est mieux qu’avant bien. Signé : M.G » !!! 

 

Choubi’s birthday :

            Tout le monde était réuni pour les 39 ans de Choubi : raclette au programme, comme d’habitude, on est fainéant ou on l’est pas. Il avait été question d’un barbecue, mais l’idée s’est vite évaporée à la perspective des préparatifs et de la surveillance des grillades :« C’est chiant ! T’es là, tu prends l’apéro, tranquille, et faut sans arrêt te lever pour aller voir si ça brûle, et forcément c’est cramé. Une raclette, c’est bien, chacun se fait sa bouffe, y’a rien à préparer. » Raclette donc, même si par 30° c’est un peu incongru.

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Raclette party !

Jérôme, Vaiana, Céline, Anne, Mathias, Fanny, Toufik, Julia

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On dirait qu'on se ferait chier grave

(t'as pas fait du théâtre par hasard ?)

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Choub a reçu une bouteille de Talisker et un saut en parapente. Il continue à préparer son brevet de pilote et survole régulièrement Tahiti, quand il n’a pas de mésaventures avec les contrôleurs. En effet, il lui est arrivé à plusieurs reprises de ne pas pouvoir décoller et d’abandonner après avoir attendu pendant une demi-heure dans la carlingue brûlante. Il s’est offert quelques séances de voltige, notamment avec un champion toute catégorie qui lui a fait un programme de malade, rien que de voir les images, j’ai envie de vomir (lien vidéo sur le blog).

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Choubi dans les airs !

 

On a chanté une petite chanson spéciale Choubi, « la Choubitude », parodie de l’excellente chanson d’Oldelaf « La Tristitude », qui a bien fait rire l’intéressé.

 

La choubitude

 

La choubitude, c'est le matin allumer l'poste sur France infos,
Tomber sur l'foot et une tribu d'asticots,
Boire son café et bouffer des poils d'Hinano,
Et ça c’est chaud !
La choubitude, c'est doubler les cons en 4x4 sur sa moto,
C'est boire une Hinano en rentrant du boulot,
Et découvrir qu'y en a plus au frigo,
Et ça c'est trop !

Refrain :

La choubitude

C'est toi , c'est moi , c'est nous , c'est quoi ,
C'est un peu la râlerie dans le creux de nos voix ,
La choubitude,
C'est mmmmmh ,
C'est whou ,
C'est eux , c'est vous ,
C'est la vie qui te dit que ça va pas du tout !

 

La choubitude, c’est avoir un w.e. au milieu de la s’maine,

Des élèves qui branlent rien et faire pareil,

Et l’sam’di réparer réseau et modem,

Et c’est la haine !

La choubitude, c’est être au top de la technologie,

Avoir un Ipod, un Ipad et deux ordis,

Et en colère pulvériser son vini,

C’est du joli !

 

Refrain

 

La choubitude, c'est s'envoyer en l'air voler à 100 à l'heure,
Quand il fait beau et qu'y a pas d'eau dans le moteur,
Rester bloqué en piste à cause du contrôleur,

Et ça t’écoeure !

La choubitude, c’est déménager bord de mer au n° 17,

Tous les week-ends avec les potes faire la fête,

Avoir du sable au fond du slip 7 jours sur 7,

C’est la défaite !

 

Vacances de Noël :

Alleluia !

J’ai commencé par m’offrir un massage et un soin, je deviens carrément accroc ! On a passé le we à la Presqu’île, chez Aurore et Manu, avec Mathias. Aurore a ouvert son propre un institut de beauté à Taravao, c’est tout neuf, tout propre, tout beau, une petite merveille !

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Aurore à son institut Vahine minceur

 

Comme à notre habitude, on a fait une petite soirée crêpes, bien arrosée, et on a élaboré les règles d’un jeu pour adultes qu’on va fabriquer pour nos prochaines soirées… Mathias avait apporté un jeu allemand avec des souris qui doivent manger des fromages, mais personne n’a trop compris les règles à part lui ! Avec Aurore, on est allées se trempées dans leur piscine en cours de remplissage histoire de se rafraîchir les idées entre l’apéro et le repas, et on a fait une découverte scientifique exceptionnelle : les coupes de Tariquet flottent !  

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"J'comprends rien, en plus les souris qui doivent bouffer des fromages, moi j'aime pas l'fromage!"

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"Même ma fille elle y arrive !"

DSC04269.JPG"C'est pas grave, on n'a qu'à boire !"

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Et pendant ce temps, Aurore sommeille sous le sapin de Noël

 

Samedi matin, nous nous envolons pour l’Australie, réveillon dans l’avion, chouette alors ! Pas de souci pour Choubi : « Noël, on s’en branle ! ». J’ai presque fini de concocter le circuit sur lequel j’ai passé des dizaines d’heures à la recherche de vols intérieurs et d’hôtels (dur dur la double vie de prof et agent de voyage). On commencera par Sydney, puis les Montagnes Bleues, le désert d’Ayers Rock et enfin Cairns avec, je l’espère, une petite croisière plongée à la Grande Barrière de corail.

 

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Allez, une petite dernière pour la route !

Par Choubi
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Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 07:11

Fin août, une forte houle a secoué la Polynésie, juste au moment de la Billabong Pro, une mythique compétition de surf dont certaines sessions ont d’ailleurs dû être annulées. Certaines têtes brûlées sont quand même allées affronter des vagues de presque 10m !

 

Article publié le 29 août 2011 :

« Forte houle en Polynésie: des dégâts sur la côte ouest de Tahiti

L'épisode de forte houle annoncé par Météo-France a effectivement touché plusieurs îles, au cours du week-end. Si celui-ci a été l'occasion de voir des vagues énormes et spectaculaires sur le site de Teahupoo, il a aussi occasionné des dégâts à Tahiti, aux îles Sous-le-Vent ou encore aux Tuamotu.

Avec des vagues d'environ 5 m annoncées, au cours du week-end, la côte ouest de Tahiti s'est retrouvée particulièrement exposée. Quelques propriétés de particuliers ont ainsi été touchées, occasionnant, dans quelques cas, des dégâts importants.

Aux îles Sous-le-Vent aussi, des habitations situées en bord de mer auraient été endommagées par le phénomène d'une ampleur assez rare, des vagues d'une taille similaire n'ayant pas été observées depuis 2005.

Des vagues jusqu'à 10 m de hauteur à Teahupoo

Aux Tuamotu, il semble également que le phénomène de forte houle a pu affecter certains aérodromes de ces îles, lesquels sont situés au niveau de la mer et sont donc peu protégés dans ces conditions météorologiques.

L'épisode de forte houle a généré également d'énormes vagues sur le site de Teahupoo, dans la presqu'île de Tahiti. Néanmoins, en raison des directives du haut-commissariat, la compétition qui se déroule sur place à été suspendue.

Une décision qui n'a pas forcément été comprise et appréciée par certains surfeurs internationaux. Un certain nombre d'entre-eux, hors compétition, ont ainsi tout de même souhaiter se mesurer au "monstre liquide" de Teahupoo avec des vagues qui ont pu atteindre jusqu'à 10 m au cours du week-end.

ATP »

 

 

Photo prise par la fédération tahitienne de surf ce vendredi à Teahupoo

 

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Le surfeur Bruce Irons a affronté la vague de Teahupoo, lors de l'épisode de forte houle. photo: ASP - Steve Robertson

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            Pourtant, les accidents de surf peuvent être très graves. Le spot de Teahupoo est réputé pour être extrêmement dangereux car les vagues se brisent directement sur le récif, de sorte qu’en cas de chute, le surfeur risque de se blesser sur le corail. Seuls les plus expérimentés peuvent donc se mesurer à ces vagues mondialement connues dans lesquelles certains ont d’ailleurs trouvé la mort. C’est ainsi que peu après l’épisode de forte houle, une surfeuse hawaïenne a été défigurée.

 

Article publié sur Tahiti-infos :


« ATTENTION IMAGE POUVANT CHOQUER EN BAS D’ARTICLE

Les accidents de surf n’arrivent pas forcément dans les plus grosses vagues. Keala Kennelly vient d’en apporter une nouvelle preuve à Teahupoo. Alors qu’elle était sortie indemne de la session la plus méchante de l’histoire du spot le samedi 27 août 2011, malgré un très sévère wipeout (voir vidéo YouTube ci-dessous à 1:50), c’est deux jours plus tard, dans des conditions beaucoup plus abordables, qu’elle s’est grièvement blessée.

L’accident de Keala Kennelly est survenu pendant l’expression session en la mémoire d’Andy Irons qui a eu lieu juste avec la finale du Billabong Tahiti Pro et à laquelle ont participé Bruce Irons, Joel Parkinson, Luke Egan…

Les choses se sont passées très vite : Keala Kennelly était dans un tube quand elle s’est brusquement faite projeter face la première contre le récif de Teahupoo. Elle a été victime d’un grave traumatisme au niveau de l’hémiface droite, juste à côté de son œil et d’une plaie du cuir chevelu.

Keala Kennelly a dû être hospitalisée à Papeete où elle a subi une opération pour réparer ses plaies profondes. Les chirurgiens l’ont anesthésiée pour pouvoir enlever les morceaux de corail incrustés dans la plaie. Elle a ensuite eu droit à une quarantaine de points de suture (30 au niveau de la face et 10 au niveau du crâne).

Commotionnée et choquée, Keala Kennelly a déclaré qu’elle avait l’impression d’avoir eu un accident de voiture. Elle doit prendre des médicaments antalgiques puissants pour calmer sa douleur, de la Vicodin® (paracétamol + hydrocodone).

Keala ne portait pas son casque pour surfer au cours de cette session, alors qu’elle l’avait l’autre jour. Quand on surfe le reef, le casque est également utile quand les vagues sont plus petites car il peut y avoir encore moins de fond. Un casque aurait au moins permis de limiter la gravité des lésions de Keala qui en gardera au minimum des séquelles esthétiques. » 
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            Ni cet épisode de forte houle durant lequel le jardin des Vaiatouf a été inondé, ni les deux alertes au tsunami, ni les deux cyclones de l’an dernier ne m’ont fait oublier mon envie d’habiter près du lagon. Depuis notre installation, je consultais régulièrement les petites annonces et rêvais en lisant « accès mer », « front de mer », « bord de mer »… Choubi répondait généralement par une moue bougonneuse : « La mer, on s’en branle, de toute façon moi j’aime pas la plage. Et puis t’es content le jour où y’a une alerte tsunami ou un cyclone. En plus, si c’est pour se retrouver à poils parce qu’on t’a cambriolé, merci ! Sans parler des mômes qui vont venir jouer pile devant ta terrasse et brailler dans le sable. Ou des boom-booms et des zonards qui picolent de la Hinano. Le comble, c’est qu’il faudrait payer un loyer exorbitant pour toutes ces emmerdes ! Non. On est très bien ici. Ici, c’est pas cher, c’est calme, c’est vert. Et d’ailleurs, si tu veux voir la mer, t’as qu’à poser une chaise dehors entre la machine à laver et le tiare ; monte dessus, debout, tu la verras la mer, on n’est pas loin ! » Malgré ces divers arguments, je revenais vaillamment à la charge environ une fois par mois, imperturbable, me heurtant hélas au même récif. Or au mois d’août, je trouve une petite annonce très alléchante. J’hésite longtemps avant d’appeler, toujours pétrifiée par le téléphone, et finis par prendre mon courage à aujourd’hui. La maison est un peu plus chère mais il y a une chambre de plus, et surtout, elle se trouve en face du lagon, avec un accès privé à la mer. Je décide d’aller la visiter seule et de n’en parler à Choub que si cela en vaut vraiment la peine. Mais comme je suis incapable de tenir ma langue, la veille au soir, je lui dis soudain au milieu de rien : « Ben moi, demain, j’vais visiter une maison ! » Il lève les sourcils et me demande : « Ah bon ? On se sépare ? » On va finalement la visiter ensemble le lendemain, et il s’avère presque plus emballé que moi malgré la promiscuité et la vétusté de la maison dont l’ameublement est sommaire (rideaux d’une laideur indicible, pas de machine à laver, pas de table de jardin, fenêtres équipées de louvres dans toutes les pièces).

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Ce qui deviendra la chambre d'amis...

Quant aux lits à une place, je les recyclerai en banquettes

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Futur bureau... Les rideaux les plus laids selon Choub et Toufik

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La salle de bains : mieux vaut ne pas avoir d'envies suicidaires... On ne les voit pas sur la photo, mais les carreaux noirs sont ornés de fleurs à moitié gothiques, du meilleur effet à côté du jaune !

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La salle. Le salon ira dehors.

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La cuisine

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Futur emplacement de mon piano

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La terrasse

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Le jardin et le lagon !

 

Sur l’autre plateau de la balance, il y a un élément de poids : la mer ! On la voit de la terrasse, de la salle et de la cuisine car une grande baie vitrée et de larges fenêtres donnent sur le jardin. On aperçoit même Moorea derrière un grand cocotier nain plein de noix de coco. On revient voir la maison plusieurs fois, notamment pour mesurer les éventuelles nuisances sonores, et l’environnement s’avère extrêmement calme, même le we. Après un épisode un peu douloureux au sujet du préavis, les propriétaires demandant 3 mois alors que le contrat ne précise rien et que pour un meublé en Polynésie la durée est normalement d’un mois, on décide enfin de déménager pendant notre semaine de vacances en septembre, tant pis pour Rangi.

 

            Le premier we des vacances, on fait une virée avec Suzette à la Maroto où on a réservé une suite avec jacuzi au Relais du Belvédère. Cet hôtel-restaurant est perché dans les montagnes, au milieu de la verdure et au-dessus d’une rivière.

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Le cadre est grandiose, mais à l’intérieur du relais, on se croirait en Europe de l’Est : tout est sale, triste, désert. Notre « suite » se trouve dans un bâtiment un peu éloigné auquel on accède après tout un périple : il faut emprunter des escaliers et une passerelle en fer rouillé, longer un vieux bâtiment abandonné dont les portes bâillent sur des chambres désaffectées où gisent des matelas aux entrailles renversées au milieu d’un chaos de déchets variés, et enfin trouver un chemin à travers les herbes folles jusqu’au bâtiment en contrebas. Sur le seuil, nous sommes accueillis par une meute de scolopendres que nous prenons pour des cent-pieds ce qui déclence chez moi une petite vague de panique : ils tombent du plafond et grouillent de tous côtés, leur colonisation a bien avancé dans la « suite ». Après de laborieux débats sur la nature de ces intrus, il s’avère grâce à l’œil expérimenté de Moevai qui est prof de SVT qu’il s’agit de viri tinto. Nous sommes rassurés, mais Céline demande tout de même au patron s’il peut passer un coup de bombe devant notre porte. C’est là que nous découvrons son incomparable savoir-vivre : il fait un geste accompagné d’une moue peu affable pour demander les clefs à Céline. Celle-ci n’apprécie que moyennement, d’autant plus que la « suite » est vraiment sale. Elle passe un papier sur la lunette des toilettes et me le montre : noir ! Il n’y a pas de rideau de douche, pas de tapis de bain, et pas assez de serviettes de toilette. Le bac de douche est tellement sale que Choubi s’amuse à y dessiner du bout des orteils. Prendre une douche est d’ailleurs bien difficile car seul un filet d’eau, tiède qui plus, est coule de la pomme. Qu’à cela ne tienne, nous partons découvrir les cascades qui remplaceront la douche défectueuse.

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C'est pas une tapette notre Suzette !

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Nous commençons par aller en 4x4 sur la route qui traverse l’île mais qu’il n’est pas possible de suivre très longtemps car elle traverse des propriétés privées. Nous empruntons le tunnel qui a été creusé il y a vingt ans pour faire les barrages hydroélectriques et marchons un peu pour apercevoir le lac Vaihiria, le seul lac naturel de l’île. Puis nous faisons une petite marche vers les « toboggans » : le torrent a creusé des piscines naturelles et les rochers érodés permettent de glisser d’un bassin à l’autre, à condition de vaincre sa peur ! L’eau est plutôt fraîche, mais après la petite suée de la marche, on se laisse facilement convaincre pour un bain à remous. Quant aux toboggans, une fois assise en haut, je me suis dit : « Réfléchis pas, cris très fort, meurs en beauté ! » Evidemment, je me suis encore fait mal, pas en descente, mais pour sortir du bassin : belle cascade et splash sur les rochers, coupure et bleus à l’arrivée. De toute façon mes jambes sont désormais constellées de cicatrices, notamment à cause des écorchures systématiques contre les coraux quand je fais du snorkeling. On n’a pas volé nos gros sandwichs, le Nutella que j’avais consciencieusement emporté et surtout le petit Ricard qui désaltère sa race !

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Prêts ?!

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L'entrée du tunnel

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Le lac Vaihiria

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Jacuzi naturel

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To be or not toboggan ?

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Le saut de la mort, par contre, je ne l'ai pas fait... Parfois on préfère être une tapette...

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L'heure du Ricard ! Il n'y a qu'à voir le sourire radieux du Choubi pour le deviner...

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pétroglyphe (de quelle époque ???)

 

Nous sommes rentrés juste à temps, le ciel s’est déchaîné et nous nous sommes réfugiés dans notre « suite » à l’abri de la pluie après avoir pris un petit café au « bar » dont nous avons lontemps attendu le tenancier. Ce dernier nous a répondu, avec l’amabilité d’un cactus : « Du café, ouais, mais j’ai pas d’expresso. » Il s’est retourné et a appuyé sur la thermos pour remplir nos tasses ; Céline a délicatement retiré une fourmi de la mienne. On demande au patron s’il est possible d’avoir une raclette, une fondue ou une tartiflette pour le repas du soir, puisque c’est ce qu’annoncent les publicités. Il s’esclaffe : « Fallait me prévenir quand vous avez réservé ! Ce soir c’est sashimi de thon, mahi mahi et bananes flambées. » Précisons que la « suite » coûte 36.000f et qu’on doit payer un supplément parce qu’on est 6, et que le repas coûte 4500f par personne… Je lui demande si on peut choisir à la carte : « Non. » - « Y’a que ça ? » - « Oui. » - « On ne peut pas choisir un plat de la carte ? C’est forcément sashimi, mahi mahi et banane flambée ? » - « C’est pas la peine de s’arcbouter comme ça ! » Et comme Raph sourit à côté de moi, le type s’en prend à lui : « Qu’est-ce qui t’fait rire toi ?! » Finalement, il daigne décongeler du veau pour moi, et on sent que ça l’enchante au plus haut point… Choub et Mat commencent une partie de billard, mais une fillette trisomyque (seule autre cliente du palace avec sa famille) vient leur prendre les boules. De retour dans notre « suite », à l’abri de la pluie, on se dit qu’un bon petit jacuzi nous fera le plus grand bien. Là, c’est la défaite. Le bassin est sale, vide, occupé par divers insectes, et pour le remplir avec le faible filet d’eau qui coule, il faut compter deux heures. Les boules ! Les mecs s’amusent d’ailleurs à faire le calcul en remplissant un gobelet et en mesurant le jacuzi : le bassin contenant x gobelets et un gobelet étant rempli en x minutes, le bassin devrait être rempli en x heures… En attendant, un petit groupe décide de braver les intempéries pour se rendre au « village » un peu plus haut, tandis que les Choubis lézardent au lit (il faut bien qu’on recharge nos batteries pour le déménagement !). Une fois tous réunis de nouveau, nous voilà penchés sur le jacuzi, perplexes. L’eau est plus froide que tiède, le moteur fait du bruit, mais aucune bulle ne sort. Mathias s’y plonge quand même, il ne l’aura pas nettoyé pour rien, tandis que nous l’entourons et trinquons à son courage car il ne fait pas très chaud. Heureusement qu’on a apporté du vin et des cacahuètes ! La scène est assez surréaliste étant donné l’étrange agencement de la « suite » : perché sur une espèce d’estrade, entre une grande fenêtre et un mur couvert de miroirs légèrement rosés, le jacuzi froid sans bulles trône, Mathias dedans, et tout autour nous sirotons nos verres.

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jacuzi vide et sale...

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Apéro ! (Choub est sur la photo grâce aux fameux miroirs)

 

Après cet apéritif roboratif, nous nous aventurons dans la nuit vers le restaurant. On se croirait dans « Shining » ou « Blair witch ». Chacun y va de sa petite blague : « Vous êtes sûrs qu’il ne manque personne ? Attention, un zombie est peut-être embusqué derrière la porte de la suite « Lalande de Pomerol » ! » En effet, l’établissement est réputé pour sa cave, exceptionnelle paraît-il (les prix le sont en tous cas, ainsi que la décoration qui y mène : des cadres couverts de moisissure, ça donne envie !), et chaque chambre possède le nom d’un grand cru. Au restaurant, un nouveau numéro nous attend : le raerae qui nous sert a un grand sens de la mise en scène et nous annonce les plats avec grandiloquence, en ondulant de la croupe et des cordes vocales. On a d’autant plus de mal à retenir notre envie de rire que nous connaissons par cœur le menu puisqu’il nous a été dûment asséné par le patron. Il faut toutefois souligner que le repas est délicieux, chacun se régale et rentre un peu rasséréné à la « suite ». Après une désastreuse tentative de spiritisme avec un gobelet en plastique, tout le monde s’endort. Le lendemain matin, le petit déjeuner est servi avec autant de simagrées, mais il est copieux. On repart donc le ventre bien rempli pour de nouvelles aventures dans la montagne sur laquelle le soleil est revenu. On marche jusqu’à une magnifique cascade et on pique-nique près d’un petit bassin qui se trouve juste au-dessous car il y a trop de « pleus-pleus » autour du bassin principal. Les mecs exécutent de magnifiques plongeons sous les yeux admiratifs des demoiselles. Ultime baignade dans la rivière trop limpide pour se contenter de la regarder et on reprend la Suzette qui traverse les gués toute guillerette, chevauche fougueusement les nids de poule et attaque sans faillir les pentes à 12 %

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Re-Ricard (cf. sourire du Choub et gobelet...)

 

            Le lendemain, on a rendez-vous pour l’état des lieux. La propriétaire est une vieille chinoise qui possède toute la servitude, elle est présente mais ne dit pas un mot. Plus tard, les voisins nous expliqueront qu’elle fait semblant de ne pas parler français mais qu’elle le comprend parfaitement. Une fois les papiers signés, on s’empresse de commencer le déménagement, Choubi apportant les cartons que j’ai préparés la semaine précédente tandis que je continue d’empaqueter nos affaires, et on se rend compte qu’on en a accumulées énormément en deux ans ! Nous ne sommes qu’à deux kilomètres de l’ancienne maison, ce qui est bien pratique. On a quand même loué une camionnette pour les gros meubles, notamment le piano, que j’ai fait accordé un mois plus tôt, quel échec ! C’est donc le lendemain qu’on attaque les choses sérieuses, avec l’aide des copains. Toutes les stratégies avaient été consciencieusement étudiées par Choubi pour le transport du piano, mais malgré un plan bien préparé et des muscles puissants, l’affaire est douloureuse. Fred nous avait prêté une planche à roulettes, laquelle se retrouve fracassée dans le garage. La sueur inonde mon dos en entendant le « crac », mais le piano est intact. Heureusement, Choub avait aussi confectionné une planche à roulettes, plus grande mais pas tout à fait stable, laquelle s’avère finalement fort utile. C’est sur son dos bienveillant que mon instrument chéri atteint la terre promise. Ensuite, le temps s’est accéléré. On n’a pas arrêté de nettoyer, déballer, ranger, et Choubi ponctuait tout cela de son couplet « Les déménagements, qu’est-ce que c’est chiant ! » Heureusement, c’est JCP qui s’est occupé de nettoyer l’ancienne maison, mais Choub a quand même dû y retourner pour passer le kärsher sur le plafond de la terrasse. La première chose que j’ai faite a été de retirer les rideaux hideux qui me retournaient l’estomac à chaque fois que j’entrais dans une pièce. Choubi a installé la climatisation dans le bureau, et lorsqu’il a voulu en faire autant pour la chambre, le tuyau s’est cassé. Défaite totale. Mais on s’est vite aperçu qu’il faisait beaucoup moins chaud dans la nouvelle maison, sans doute la proximité de la mer et les louvres. Pas de moustiques non plus, le bonheur. Mais surtout, les apéros devant le coucher de soleil : le luxe absolu ! Là, on sait qu’on est à Tahiti. Après avoir transporté toutes nos affaires, Choubi a fixé le pare-vue sur la clôture car les maisons sont très proches les unes des autres. Comme on n’avait toujours pas rencontré nos voisins, on s’est dit qu’on allait vraiment passer pour des ours et on a invité Vincent à prendre un café. En fait, on est restés presque toute la journée ensemble, à boire cafés, bières puis ti punch ! Ce jour-là, la maison n’a guère changé d’aspect, un vrai capharnaüm, mais on a bien sympathisé avec Vince, un photographe dont la femme est hôtesse de l’air chez Air France. Le seul bémol est qu’ils ont un garçon d’un an et demi nommé à juste titre « Tamatoa » qui signifie « l’enfant guerrier ». C’est pourquoi nous n’avons passé qu’une nuit dans la chambre qui donne de ce côté. Le lendemain matin, on a poussé le lit en face en disant : « Trop grand ou pas, il rentrera ! » et il est rentré, halleluia ! Désormais, on peut faire la grasse mat’. Sur les conseils de Brigitte, notre voisine de derrière, une retraitée qui joue aussi du piano, j’ai déplacé mon instrument pour le placer face à la mer dans la salle, et ça claque ! Par contre, j’en ai vraiment bavé pour le pousser toute seule, et le lino s’en souvient…

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"Face à la mer"

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Visez l'ombre du photographe (c'est pas moi !)

 

Etant donné son état, ce n’est pas trop grave… En tous cas, je continue d’aller au collège à pieds, même si c’est un peu plus loin : environ deux kilomètres, un peu plus de vingt minutes. C’était bien la peine d’acheter un 4x4 pour affronter la servitude pourrie, maintenant on habite au fond d’une servitude plane et beaucoup moins longue, ce qui est fort appréciable. Durant mes trajets à pied, je compatis pour ceux qui, en voiture, sont à l’arrêt en face, détecte le voisinage d’un ylang-ylang ou d’une charogne, double mes élèves qui s’exclament « M’dame, tu marches vite ! », me demandent l’heure ou me proposent de m’emmener sur leur vélo ! Hier, une élève de 5ème s’étouffait de rire en me disant qu’elle m’avait vue avec mes lunettes et mon chapeau et que sa copine lui avait dit « on dirait une exploratrice ! » Forcément, avec mon gros sac à dos !   

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Vous en aviez marre de mes photos de poissons ? Maintenant, vous allez avoir mes photos de coucher de soleil !

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Par Choubi
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Mardi 22 novembre 2011 2 22 /11 /Nov /2011 22:26

Nouvelle rentrée, nouvelle voiture ! Nous avons d’abord connu une brève période de flottement durant laquelle quelques cheveux blancs nous ont poussé car nous ne trouvions aucun véhicule correspondant à nos attentes et à nos moyens. Je ne cessais de compulser les petites annonces, sur internet et à Carrefour, tandis que Choubi faisait la tournée des garages et vendeurs d’occasions, en vain. Nous n’avions guère le choix qu’entre de petites citadines très récentes et donc bourrées d’électronique, ou de monstrueux 4X4 extrêmement coûteux, revendus d’ailleurs parce que leurs propriétaires n’avaient plus les moyens de les entretenir, cas classique à Tahiti où il existe un véritable culte de la voiture. Les gens s’endettent alors qu’ils vivent dans des maisons en piètre état pour s’acheter des pick up dont ils ne peuvent payer la roue une fois crevée. Finalement, Choubi-œil-de-lynx a repéré un petit 4X4 en vente sur le bord de la route alors qu’il circulait en sens inverse. Un Suzuki Vitara n’ayant d’électronique que ce qu’il nous fallait : la climatisation, les vitres électriques, le verrouillage centralisé, pas d’airbag. Comme toujours, j’ai été chargée des négociations commerciales, Choub des tests mécaniques, et l’affaire a été conclue. Choubi est littéralement tombé amoureux de Suzette, au point qu’il me propose régulièrement de m’emmener au Crépuscule ou en ville, c’est dire le plaisir qu’il éprouve à la conduire ! Tout le monde est donc ravi ! J’ai juste un peu de mal à atteindre la pédale d’embrayage, et je n’ai pas encore obtenu qu’un filtre soit posé sur la vitre derrière laquelle je cuis dès que le soleil darde ses griffes brûlantes. Au volant de la Suzette, Choub se sent l’âme d’un aventurier, un Indiana Jones polynésien, et il se délecte à nous rouler hors des sentiers battus. D’ailleurs, s’il nous emmène si souvent au Crépuscule, c’est que pour entrer sur le parking de la roulotte, il faut franchir un dos de dromadaire extrêmement traître sur lequel feu la Hyundai s’était plusieurs fois écorché le ventre : « T’as vu ? On ne touche pas ! ça c’est une vraie voiture ! Pas d’airbag, de tralala et de conneries qui servent à rien et qui tombent toujours en panne, on entend bien le moteur, ça roule et ça passe partout ! »

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Choub s’est amusé comme un petit fou à piloter la Suzette sur les pistes de la Presqu’île du côté de Tautira. Avec Mathias, on a marché en pleine nature, traversant forêts et plaines au creux des montagnes, longeant rivières et cascades. Comme il avait plu peu de temps avant, le chemin était boueux voire carrément inondé. On m’avait dit : « T’inquiète, c’est une petite marche facile, t’auras à peine les pieds mouillés ! » En réalité, compte tenu de ma petite taille, la traversée de la rivière s’est avérée mouvementée. Je n’avais pas prévu de tenue amphibie, or le courant un peu musclé et l’eau qui m’arrivait à la poitrine ont eu raison de mon équilibre légendaire : j’ai fini toute entière dans l’eau. J’ai découvert que mes nouvelles chaussures de randonnée achetées en France sont de véritables savonnettes sur les rochers mouillés. Décidément, il semblerait que seules les nouilles, ces hideuses sandalettes en plastique qui joignent l’inconfort suprême à la laideur absolue soient capables de s’accrocher comme des pattes de batraciens sur les galets glissants. Ni mes pieds douillets ni mon sens artistique n’ont encore cédé cependant. Il en résulte toute une série de cascades, de cris et de bleus à chaque rando, que Mathias ponctue imperturbablement par « Les nouilles ! Rien ne vaut les nouilles ! ». En chemin, nous avons dégusté des espèces de fraises des bois, je dis « espèces » car nous n’avons pas réussi à nous mettre d’accord : fraises ? framboises ? En tous cas c’était rouge, petit, joli, sucré, bublboneux. Seul le Schtroump râleur a émis quelques réticences du genre « Bof, ça a pas trop de goût » tandis que Mathias et moi nous amusions à cueillir les fruits ici et là (une bonne occasion pour moi de ralentir un peu la marche, c’est toujours ça de pris !). On a voulu se reposer au bord de la rivière, mais immédiatement, de denses essaims de moucherons nous ont assaillis en formations si serrées qu’il devenait dangereux d’ouvrir une demie narine, laquelle se serait vue rapidement colonisée par une escouade aventureuse. Pas d’autre solution que de nous cacher sous nos chapeaux, casquettes, bras. Inutile de dire que l’activité sieste a été de courte durée : le temps d’avaler deux ou trois insectes, de les recracher, et on était repartis !

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Indiana Jones escalade les troncs d'arbres !

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Périlleuse traversée !

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Précaution inutile pour moi, j'ai fini à la nage !

 

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On croirait le champ interdit de "The Beach"!

 

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Les fruits rouges sauvages : fraises ou framboises ?

 

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Repos bien mérité mais de courte durée à cause des essaims de moucherons !

 

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            Nouvelle année, nouvelle résolution : aller au collège à pied. Inutile de chercher un rapport avec Suzette, il n’y en a pas. Seules les impitoyables remontrances de ma balance sont en cause. Pour perdre les cinq kilos pris pendant les vacances et tenter de me muscler un peu, j’ai décidé de faire un peu de marche utile. Avec Choubi, nous sommes allés en repérage pour trouver un raccourci car je sais que mes élèves ne passent pas par la route. Traverser le terrain pour atteindre la servitude parallèle à la nôtre m’aurait fait gagner huit minutes. Oui mais… Un énorme dogue aux babines écumantes monte la garde dans ce qui était jadis un petit chemin entre les deux servitudes. Même à une distance plus que respectueuse, notre présence taquine sa susceptibilité, inutile d’envisager l’amorce d’une tentative. D’ailleurs, une petite discussion avec les voisins du cerbère nous confirme que l’accès est « tabu », interdit. Il me faudra donc descendre notre servitude pour remonter ensuite celle d’à côté, et apercevoir au bout le toit de notre maison qui à vol d’oiseau se trouve à moins de cinquante mètres. Plus loin, un type nous a gentiment accompagnés pour nous montrer le chemin. Il s’avère qu’en dix-sept minutes environ j’arrive au collège, après avoir traversé une espèce de terrain vague et longé le cimetière. Dès la pré-rentrée, je pars donc vaillamment à l’assaut de ces quelques kilomètres. Je croise des élèves qui tiennent des coqs destinés à des combats, des Tahitiens qui arrosent la servitude (étrange habitude dont le but est probablement de lutter contre la poussière) ou ratissent les feuilles, une chèvre et ses deux petits qui cabriolent et croquent les bananiers, une truie et sa portée enfermées dans un enclos portatif minuscule, des boucs attachés dans le lit de la rivière près de laquelle dorment des carcasses de voitures. Arrivée au collège, je découvre que ma chaussure s’effrite : petit poucet tahitien, je sème du caoutchouc à chaque pas ! Vaiana, prise de pitié, me dépose en bas de la servitude, heureusement : ma chaussure a été éviscérée par ce premier trajet.

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Le lendemain, j’opte donc pour les chaussures de treking que j’avais achetées quand je suis partie au Sri Lanka : grands maux, grands remèdes. Cette fois, mes pneus résistent aux aspérités du terrain, mais je me tords la cheville et finis clopin-clopant. Abandonner ? Sûrement pas ! Me revoilà en piste le troisième jour. Cette fois, je croise quelqu’un qui me met en garde contre les chiens errants. Je ramasse une pierre que je garde dans la main au cas où… J’arrive au collège sans encombre, mais échappe de peu à l’asphyxie lorsque je retire discrètement mes chaussures sous mon bureau pour aérer mes pieds fumants. Le jour suivant, je prévois donc une paire de savates que je laisse dans un casier au collège, avec une serviette en cas d’averse. Je commence à maîtriser la situation !

            J’essaye de faire le trajet à pied tous les jours, mais il arrive que le soleil ait raison de ma bonne volonté. Tôt le matin, tout va bien, mais en milieu de journée, même avec une casquette et un stoïcisme de légionnaire, mon courage dégouline. J’arrive trempée de sueur et me précipite sous la douche, froide. Le mardi, je commence le midi, et il est difficile d’entamer les cours en baignant dans la transpiration. Peu à peu, je fais connaissance avec ceux qui jalonnent mon parcours, s’étonnent de me voir à pied avec mon sac à dos (« Tu vas dans la montagne ? », « T’as pas de voiture ? Tu veux je t’emmène ? ») et me prodiguent maints encouragements (« Tu fais du sport, c’est bien ! », « Tous les jours tu marches ! »). Un matin, comme je repars du collège, je passe devant le gymnase d’où sortent mes sixièmes ; ils me demandent : « Tu vas au cimetière ? Tu vas voir ta grand-mère ? » Je reste très prudente à l’égard des chiens, l’un d’entre eux ayant grogné alors que je passais près de lui. On m’a dit qu’il suffisait de faire semblant de ramasser une pierre car ils ont l’habitude d’en recevoir. Un midi, un petit chien m’a accompagnée tout le long du chemin jusqu’à la maison. Il a passé l’après-midi à pleurer derrière le portail, des hurlements à fendre le cœur. Il a même essayé d’entrer par un trou dans le grillage, et ce n’est que le soir qu’il a abandonné, à mon grand soulagement, car j’aurais eu du mal à résister davantage. Ce même trou dans le grillage a été le théâtre d’événements sordides. Un après-midi, alors que je travaillais consciencieusement dans le bureau, j’ai été alarmée par des cris déchirants dans le jardin. Un coq était coincé dans ce fameux trou et se débattait lamentablement, la tête dans le jardin, et l’autre moitié du corps à l’extérieur. Un deuxième coq en profitait pour lui picorer le cou à qui mieux mieux, perché sur son dos. J’ai mis fin à cet acharnement barbare, mais le malheureux avait l’air fort mal en point après la séance : il est resté planté au coin de la servitude, piteux et étourdi, meurtri dans sa chair et dans sa dignité. Quand j’ai raconté l’anecdote a Choubi, il s’est tenu les côtes pendant un bon moment, ne cessant de s’esclaffer : « Ah c’est trop fort ! Le coq qui se fait enculer coincé dans la clôture ! »

            Nouvelle année, nouvelle équipe au collège (du coq à l’âne, sans mauvais jeu de mots ni lien logique…) : la CPE et l’adjoint viennent de métropole en deuxième séjour et le principal est un « local ». La rentrée se fait en douceur, niveau par niveau, ce qui est fort appréciable. Le principal ne cesse de répéter « Je vous promets… » et nous nous demandons si cela sera suivi d’effets étant donné qu’il ne peut pas grand-chose quand il s’agit de moyens. Mes deux classes de sixièmes sont très faibles, une fois de plus, mais par chance celle dont je suis professeur principal est assez calme. L’autre est nettement plus « rock’n roll » : dès le jour de la rentrée, un élève se distingue en se battant dans la cour. La même semaine, le même élève se livre à du racket et se bat dans un cours. Trois ou quatre autres ont les mêmes dispositions dans cette classe, je serre vis et boulons. A la fin des vacances, j’ai soigneusement préparé ma progression car un étrange pressentiment m’étreint : je sens que je vais être inspectée. J’ai concocté une espèce de formule magique pour assener les consignes fondamentales à mes gremlins : LE-CA-MA-SI-CA-TRA (Leçons-Cahier-Manuel-Silence-Carnet de correspondance-Travail). Je suis toute fière de ma trouvaille, mais je déchante rapidement quand j’entends dans mon dos « kamasoutra ! » Pour une fois que je n’ai pas eu l’esprit mal placé, j’aurais dû !

            Quelques extraits de ce que mes élèves ont écrit dans leurs fiches de renseignements :

-          A quelle heure te lèves-tu ? « Je me rêve à 5h30 de matin »

-          Que ferais-tu si tu avais une baguette magique ? « Je vais faire un hamburger frit »

-          Tu n’es pas : « un nidio »

Et quand je leur ai demandé de me parler de leurs vacances :

« Ce que je n’ai pas du tout aimé c’est que J’ai travailler dur à la maison J’ai fais le ménage J’ai aussi lavee les linges et c’est moi qui cuie le repas le matin l’apré-midi et le soir. (…) Ce qui me rend triste c’est qu’on en me tape avec le fer le baller a mache. Ce qui me fais plaisir c’est d’aller à la pèche du matin aux soir Je fais de la pêche en revenent de la pêche nous avons vendu les poisson est si il en reste quelque poisson nous partageon pour la famille »

« une fois je suis parti a papara me benier a la mer et j’ai vu un requin et je les suivi avec mon le bateau et ont n’est parti voir les vage au resife et mon papa a surf fait les vague est ont n’est rentrer a la maison »

« Pendant les vacances je suis aller surfer à la point des pêcheurs j’ai eus beaucoup de vagues à prendre. Ensuite mon cousin ma dit de ne plus venire avec lui parce-qu’il n’aimais pas ma façon de surfer, j’était beaucoup plus meilleur que lui. Je me suis énervé apre en c’es batue »

« Je suis allé plusieurs fois à la mer chez ma tatie, parfoi je vais édais une autre à allé chercher des que’elle vent et parfois ces moi qui mocupe du stande. J’ai l’avée la balancoire, on prépare mon anniversaire et jai dansé avec ma sœur et quelques amis. Une fois l’orsque je suis allé à la mer j’ai fais un trou dans le sable et comme la mer été forte le trou ces rempli d’eau et j’ai aussi fais un que de sirène a une amie. Mon poussin est morts je lai u l’orsqu’il avais selements 3 jour et le jour ou il a chantez pour la première fois il est mort le l’endemain. Toute la nuits j’ai pleuré et toute la matiné. Papa ma acheté un vini et j’ai terminé de lire le livre que mon amie ma ofert. Mais se qui ma le plus marqué ces que comme mon grand père est aisaimeur une il est parti dans mongtagne et ces moi qui la retrouvai. »

« Ces vacances j’ai été à Moorea Pour l’annif de ma cousine nous sommes aller jusque à la balise du beach club, Nous sommes aller aussi voir toutes sortes de requins, raies, et nous avons nager avec eux. C’était génial !!! Ma cousine a même attraper un calamar et quand nous l’avons relacher il a jeter de l’encre partout. J’ai même dormis sur la plage avec mes cousine. Et en n’allons voir encore les raies nous avons vu des japonais. »

« Je suis partir plueure fois au manège, a Faa’a et dormir chez ma tatie pour faire garder le bébé de mon cousin. Je suis partir ausis jouer au coq pour faire combattre. Et jouer au vélo Je suis partir faire du surf avec mets amis puis jouer au ballon avec mets amis J’ai fait du travailler chez moi chez ma tatie chez met colégue puis jouer a la picine avec met amie. »

« Mon chien et mort samedi dernier écraser par une voiture sa ne pas rendue triste vraiment parce qu’il mangeait les savates. »

  Dans la classe dont je suis professeur principal se trouve un élève qui devait aller en SEGPA mais qui n’a pas obtenu de place. L’orthophoniste a dressé un bilan terrifiant : il a à peine le niveau d’un enfant de CE1. Très gentil, plein de bonne volonté, il n’en demeure pas moins incapable de copier un mot, c’est un crève-cœur. Quant aux 4èmes et aux 3èmes, cette année est « chaude » : beaucoup fument du paka, les problèmes d’insultes sont nombreux et la mode est aux bagarres filmées. Je préfère encore mes petits gremlins !

            Est-ce le réchauffement de la planète qui est responsable du bouillonnement de cette jeunesse ? Est-ce lui aussi qui perturbe les requins ? Toujours est-il qu’un surfeur a été attaqué par un requin gris, fait rarissime, et que d’après plusieurs plongeurs, des makos auraient été vus aux Tuamotus ainsi qu’à Tahiti, à l’intérieur du lagon. Or cette espèce appartient à la même famille que les requins blancs et reste normalement au large. Rien à voir heureusement avec les attaques qui ont lieu à la Réunion ! Mais quand même, savoir que trois ou quatre requins tigres se promènent à Arue, que quelques makos batifolent dans le lagon et qu’un gris mord par erreur une planche de surf, ça calme.

 

« PAPEETE, 18 août 2011 (AFP) - Un surfeur a échappé de justesse à l'attaque d'un requin, qui a arraché un morceau de sa planche, mardi sur le célèbre spot de Teahupoo, au sud de l'île de Tahiti, en Polynésie française, a révélé la chaîne locale TNTV.

 Adam D'Esposito, un surfeur californien, nageait pour prendre une vague lorsqu'il a été attaqué. " Le requin a mordu ma planche, puis son nez a tapé sur ma gorge et j'ai perdu mon souffle. Sa queue est passée par-dessus moi et j'ai frappé son corps plusieurs fois et poussé la planche sur lui à plusieurs reprises", a-t-il déclaré sur TNTV.

 Un morceau d'une largeur de treize centimètres a été arraché de la planche de surf. Selon l'IFREMER, l'attaque est probablement celle d'un requin de récif d'un mètre cinquante à deux mètres. Les attaques de requins sont rarissimes en Polynésie française.

 La vague de Teahupoo accueillera ce week-end les meilleurs surfeurs mondiaux lors de la Billabong Pro, une étape du World Circuit Tour.

 Adam D'Esposito n'a pas été blessé. Il est retourné surfer au même endroit dès le lendemain matin. »

Par Choubi
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Lundi 10 octobre 2011 1 10 /10 /Oct /2011 07:18

Le retour de France a été très très long, malgré le casque anti-bruit et les anxiolytiques. A quand la téléportation ? Dès l’arrivée de notre taxi à la maison, Hinano nous a accueillis par un concert de miaulements, et toute à la joie des retrouvailles, j’ai oublié dans la voiture le sac duty free avec mes deux cartouches de Capri, cigarettes fines qui ne se trouvent qu’aux USA. Les bagages à peine déballés, on a refait nos valises pour les Tuamotus, au grand dam de notre pauvre petite chatte qui a désespérément cherché à s’y cacher afin de nous accompagner clandestinement. Après une première tentative infructueuse pour retrouver la trace du conducteur de taxi, quelqu’un à l’aéroport m’a donné son numéro de téléphone. Au bout du fil, sa femme me répond « Ah oui, les cigarettes ! Effectivement, il les a ramenées à la maison. Dis-moi quand tu peux les récupérer et il te les apporte. » On convient que je le rappellerai à notre retour. Je n’ose y croire ! On abandonne la Mégane sur le parking de l’aéroport, munie d’une affiche indiquant qu’elle est à vendre. En effet, à notre retour, on a décidé de s’en débarrasser lorsqu’on l’a récupérée complètement moisie.

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Comme la clim’ fuit et que les fenêtres étaient fermées, des champignons multicolores se sont développés sur les sièges, les portes, le volant… Une culture aux reliefs prodigieux qui m’a fait pousser des cris d’horreur. J’étais déjà très agacée par les sempiternelles râleries de Choub à propos de la « Megave » et les diverses défaillances du véhicule, mais là, le coup des moisissures était de trop ! Après un nettoyage en règle chez un garagiste qui n’a cessé de me marmonner « Faut pas pai fermer les fenêtres ! » quand je l’ai récupérée, on a fait des photos, mis des annonces un peu partout, et prié pour que quelqu’un la trouve à son goût.

            A Rangiroa, pas de place à la pension Glorine, on est donc juste à côté, chez Teina.

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C’est un peu plus spartiate et je découvre qu’il n’y a pas d’eau chaude. Pas de chance, c’est l’hiver, et après les plongées sunset, la douche devient un acte héroïque. Le premier matin, Choub se moque en m’entendant crier sous le jet d’eau : « Quelle idée aussi de prendre une douche ! On s’en branle ! De toute façon on va plonger, tu seras mouillée dans une heure ! Moi je vais pas me laver pendant trois jours et puis c’est tout. » Par contre, notre bungalow a les pieds dans l'eau, et c'est vraiment trop de bonheur de prendre l'apéro sur la petite terrasse devant le lagon !

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Lors des repas, on sympathise avec Julia, une vétérinaire de Tahiti, sa copine Aurélie qui était opticienne à Papeete et achève son tour du monde pour s’installer ensuite à la Réunion, et Yvon qui vend des extincteurs à l’hôtel qui est en rénovation. Ce dernier nous raconte qu’à Papara, alors qu’il était étendu avec sa femme sur une planche de longboard, bronzant tranquillement dans le lagon, un requin qu’il n’a pu identifier mais qui n’était pas un pointe noire, s’est mis à faire des cercles de plus en plus serrés autour d’eux puis leur a foncé dessus. Il lui a donné des coups de pagaie et est revenu en vitesse au bord. Aurélie nous rapporte une mésaventure survenue à une amie : alors qu’elle venait d’emménager et qu’elle dormait avec son mari dans leur chambre pleine de cartons, elle se réveille brusquement en sentant des lèvres sur les siennes. Ce ne sont pas celles de son mari, mais celles d’un inconnu qui s’enfuit par la fenêtre en escaladant les cartons ! Cette pratique qui s’appelle le « motoro » est l’avatar d’un ancien rite qui consistait à ce qu’un homme enduit de monoi (afin qu’on ne puisse pas l’attraper) pénètre dans la chambre de la jeune fille convoitée et s’en fasse ensuite épouser. C’est devenu une espèce de challenge : réussir à atteindre la femme malgré le mari à côté, et si elle est seule… On a entendu de nombreuses histoires à ce sujet. Le fait que les types ne soient pas intimidés par la présence du mari me laisse fort perplexe…

Les premières baleines arrivent, et il paraît que selon la légende, lorsqu’un ancien meurt, une baleine passe, or c’est ce qui vient de se produire. Lors de notre première plongée, à peine avons-nous amorcé notre descente qu’un groupe de dauphins vient jouer avec nous. Il y a même une mère et son petit. Ils virevoltent, viennent chercher les caresses, c’est magique ! Je suis complètement euphorique alors que je caresse le ventre de l’un d’eux. Tous les ordinateurs de plongée se mettent à sonner car les dauphins se laissent tomber vers le fond et nous attirent avec eux. Difficile de les abandonner. Ma bouteille est vidée bien avant la fin de la plongée, alors que d’habitude je ne consomme que très peu d’air. L’émotion, l’émotion ! Lors de notre dernière plongée, ils sont de nouveau là. Il semblerait qu’ils aiment lorsque les plongeurs sont nombreux, et ce qui les attire tout particulièrement, ce sont les caméras. Or plusieurs plongeurs ont d’énormes appareils munis de torches. Les dauphins se placent devant l’objectif et font de véritables shows ! On se demande à quel moment on verra le dresseur qui leur apporte des poissons ! Mais non, ils sont sauvages, tout simplement curieux et joueurs. Il paraît qu’il leur arrive de faire des bulles pour imiter les plongeurs. Je rêve déjà à des expériences avec des miroirs… Trois dauphins nous font un merveilleux ballet, une chorégraphie de toute beauté, on dirait de la natation synchronisée, il ne manque que la musique ! Au club, un Italien projette son film, et nous restons tous sans voix devant les images de toute beauté qu’il a capturées.

 

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L'un de mes rêves les plus fous se réalise !!!

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Une raie manta

 

Nous nous envolons ensuite pour Fakarava. A l’aéroport, on monte dans la benne d’un pick up où le conducteur a entassé des provisions, dont un carton étiqueté « périssable réfrigéré » à destination de notre pension. Il fait le trajet en plein soleil, et je fais remarquer en riant à Choubi : « C’est ça qu’on va manger ! »

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On roule pendant presque une heure, jusqu’au bout de l’île ou du moins de sa route, sur cette étonnante bande de corail qui donne d’un côté sur le lagon, et de l’autre sur l’océan. Arrivés à l’embarcadère, le propriétaire de la pension nous explique que le moteur de son bateau est en panne et qu’il est obligé de rester sur place pour la réparation. C’est le type de la pension voisine qui va nous emmener au motu. Le proprio est très déçu car une fête a été organisée en l’honneur des passagers d’un voilier au mouillage, et il aurait voulu être de la partie.

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  L'étrange bateau du voisin

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Nous voguons une bonne heure, longeant d’abord l’atoll puis fendant la légère houle du lagon. Les paysages sont sompteux : des plages désertes déroulent leurs volants de cocotiers aux palmes d’un vert doré, on a l’impression d’être des Robinson Crusoë ! Durant le trajet, les deux adolescents qui étaient à l’embarcadère et qui sont montés avec nous après avoir ouvert des noix de coco interrogent Choub : « Ta femme, elle est prof de latin ? » Je tressaille en entendant les bribes de la discussion dans mon dos. Quoi ? Même au milieu de l’atoll de Fakarava, en plein Pacifique, je suis grillée ? Il s’avère que le jeune est au collège où je travaille. Il m’annonce, avec un fier sourire, que l’un de mes élèves passe d’ailleurs ses vacances à la pension car c’est l’ami du petit-fils du propriétaire. Quel échec ! C’est quand même le comble, venir sur un motu complètement perdu, auquel on ne peut accéder que par la mer, sur lequel il n’y a que quelques bungalows, et retrouver un élève !  La défaite… Lorsqu’on arrive, plusieurs personnes nous attendent sur le ponton de la pension, notamment un Tahitien au corps divin, vêtu simplement d’un pareo noué et de magnifiques tatouages… On nous conduit à notre bungalow, tout entier fait avec des matières locales : bois de aito, toit de pandanus tressé et niau. Tout est aéré, il n’y a pas de porte d’ailleurs, et la douche est à l’air libre, sous une palme de cocotier. Les crabes viennent s’y laver les pinces. Les WC sont entourés de coraux blancs, les traditionnelles fleurs de tiare et d’hibiscus ont été disposées avec goût un peu partout. C’est vraiment ravissant, et très original.

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Pendant que je me repose, Choubi fait connaissance avec Aroma, le beau Tahitien qui n’est autre que le fils du propriétaire et le chanteur de Tikahairi qui lui fait écouter en avant-première le nouvel album ! Son beau-frère, Kapoka, un Hawaïen plein d’humour, sympathise très vite avec Choub. Les invités du voilier arrivent peu à peu. C’est un gigantesque bateau de 54m qui fait une croisière avec des sorties plongées. Trois moniteurs de plongée sont à bord, dont le directeur d’un centre de Tahiti, et un couple qui vit entre le Canada et l’Indonésie. Le chef cuisinier est un jeune et joyeux drille, extrêmement doué paraît-il. Quant aux clients, leurs comptes en banque sont insubmersibles… Choubi discute avec la nounou qui s’occupe des enfants d’un couple ; elle lui explique qu’elle a rejoint une partie du groupe après des vacances à Ibiza puis au Canada et à Hawaï. Comme il ne comprend pas puisqu’il n’existe qu’un seul vol par semaine qui fasse la liaison Tahiti-Hawaï, elle rectifie : « en jet privé ». Choub, déjà bien imbibé, vient me chercher, tout excité, et me révèle l’identité du beau Tahitien. Kapoka l’a invité à Kauai en avril, ils s’entendent à merveille tous les deux. A table, je me retrouve devant mon élève, très intimidé. Au risque de démythifier mon personnage de sage prof de latin, je trinque avec les monos de plongée. Le vin, apporté du bateau, est délicieux, j’en use et abuse… Les petites-filles des proprios font un spectacle de danses tahitiennes, fort apprécié. Il faut dire qu’elles sont toutes plus sublimes les unes que les autres.  

Plus tard dans la soirée, Laurent Bournion nous rejoint et je passe un moment mémorable à l’écouter nous raconter ses boires et déboires. Tout le monde est fin saoul, l’ambiance est extraordinaire. Choub a abandonné la partie, mais comme j’ai commencé plus tard, mon capital fiesta n’est pas totalement consommé. Les réserves de bière et de vin, quant à elles, le sont malheureusement. A 1h du matin, une poignée de courageux fêtards prend donc le bateau pour se ravitailler à la pension voisine. Lorsque, tout fiers, ils déposent le carton sur la table et ouvrent le couvercle, quelle n’est pas leur déception en découvrant qu’il s’agit de canettes de coca ! Ils repartent donc en quête du précieux breuvage, et on imagine en riant la tête de celui qu’ils vont réveiller pour la deuxième fois… La fille d’un passager, une gamine de quatorze ans, fort délurée, nous explique tout en sirotant son verre d’alcool : « Moi j’ai compris, mon père, quand il a un contrat à faire signer, il fait une fête, il invite plein de monde, il les fait boire, et après ils signent. » Les fous rires sont nombreux, la soirée est vraiment très réussie. Amora me confie : « C’est pas plus mal que le pater soit pas là, sinon on aurait pas pu s’amuser autant. C’est pour ça qu’il voulait être là, pour surveiller un peu, mais bon, on sait bien qu’en ce moment il en fait autant là-bas ! » A quatre heures du matin je finis quand même par aller me coucher, farcie au plus haut degré.

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Le chanteur deTikahiri !

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            Le lendemain, le réveil à 6h30 est sévère. On gagne péniblement la table du petit déjeuner, encore bourdonnants d’alcool. On se brosse les dents et la langue vigoureusement pour camoufler nos excès nocturnes, mais nos têtes de zombies et notre démarche peu assurée en disent long sur les péripéties de la veille, d’autant plus que le club de plongée se trouve justement à la pension où les gars sont allés chercher de quoi se désaltérer en pleine nuit. Le moniteur, à deux semaines de finir son contrat, ne semble rien remarquer. On enchaîne donc deux plongées magnifiques. Tout ce qu’on nous avait dit était vrai : le spot est absolument extraordinaire : une eau limpide, des coraux multicolores de toute beauté, des poissons à foison, des murs de requins gris par centaines dans le courant.

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Le fameux mur de requins gris

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L'énorme napoléon de Tetamanu, véritable paquebot sous-marin

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Myriade de poissons perroquets dans une eau limpide

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Le club de plongée : le courant nos ramène juste devant, même pas besoin de bateau pour rentrer !

 

Choubi finit toutefois sa deuxième plongée en se tenant les tempes et à peine rentrés au bungalow nous nous jetons sur le lit après avoir avalé chacun une bonne dose d’Efféralgan. Malgré une longue sieste durant tout l’après-midi, nous sommes au lit à 19h30, bercés par un petit concert improvisé sur le motu : guitare, flûte traversière, oriros, un enchantement…

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Durant nos trois jours sur ce motu qui porte vraiment bien son nom « Aito Paradise », j’ai dormi du sommeil le plus paisible que j’aie jamais connu. Ce lieu a vraiment un mana particulier, il s’y dégage une sérénité parfaite, l’impression d’être dans une bulle de liberté et de paix idéales. Le dernier matin, nous sommes allés à la pêche à la palangrotte : cela consiste à laisser tremper un hameçon pourvu d’un appât au bout d’un fil relié à une bouteille en plastique. Le temps ce jour-là était presque surnaturel : pas un souffle de vent (comme avant le cyclone il y a deux ans), une eau parfaitement plate comme s’il s’agissait d’une huile bleue, et aucune distinction entre le ciel et la mer. Impossible de savoir où commençait l’un et où finissait l’autre. Seul le reflet des nuages rendait évidente la présence des deux éléments. L’ambiance était vraiment très étrange, on avait l’impression de flotter sur l’eau, dans un monde complètement irréel. Les poissons n’étaient guère au rendez-vous, mais l’atmosphère était tellement bizarre et émouvante que cet instant restera à jamais gravé dans ma mémoire. Nous avons fini par faire une tentative dans la passe, et j’ai attrapé un requin pointe blanche que nous avons remis à l’eau. Puis Choub a sorti un napoléon dont les écailles étincelaient de mille feux dans le bateau avant qu’il ne regagne lui aussi la mer, n’étant pas comestible.

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Autoportrait pendant la pêche à la palangrotte

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Ma première prise, un petit pointe blanche !

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Un beau napoléon pour Choub !

 

Moi qui voulais rester un mois en France, je bénis Choubi d’avoir eu l’idée géniale de nous prévoir cette petite semaine de repos. On rentre décidément amoureux des Tuamotus, et on prévoit déjà de retourner à Rangiroa aux premières vacances. Dans de tels lieux, je pourrais devenir croyante, et je ne cesse de dire merci sans savoir à qui...

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Par Choubi
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